Question écrite de Bruno Bilde, député du Pas-de-Calais, au Premier ministre, sur les vacances d’été des Français

M. Bruno Bilde interroge M. le Premier ministre sur les annonces du gouvernement relatives à la période estivale et notamment à la possibilité pour les Français de partir en vacances.
En effet, jeudi 14 mai, dans le cadre de la présentation d’un plan de soutien au secteur du tourisme, Edouard Philippe a déclaré : « les Français pourront partir en vacances en France au mois de juillet et au mois d’août » tout en évoquant avec prudence de « possibles restrictions très localisées » en fonction de l’évolution de la crise sanitaire.
Le même jour sur BFMTV, Bruno Le Maire invitait nos compatriotes à privilégier la destination France tout en laissant la porte ouverte aux voyages à l’étranger : « il est trop tôt pour dire si les conditions sanitaires seront réunies pour permettre aux Français de voyager en Europe cet été ».
Concernant la date de ces annonces, il est surprenant que le gouvernement se précipite pour trancher la question des vacances d’été alors qu’Edouard Philippe avait annoncé le 28 avril dernier, lors de la présentation du plan du déconfinement à l’Assemblée nationale : « Je donne rendez-vous aux Français à la fin du mois de mai pour évaluer les conditions dans lesquelles nous organiserons une nouvelle phase de déconfinement, et prendrons en particulier des décisions sur l’organisation des cafés, des restaurants, des vacances ».
Le bouleversement de ce calendrier s’explique certainement par les appels du 13 mai de la Commission européenne demandant aux Etats membres de rouvrir les frontières intérieures pour faciliter le tourisme de masse. Comme d’habitude depuis la vassalisation de notre pays, Bruxelles décide et Paris exécute.

Alors que l’Etat français n’a jamais contrôlé ses frontières depuis le début de la pandémie profitant des fermetures responsables de nos voisins européens, alors que la probabilité de subir une deuxième vague épidémique est bien réelle, il serait déraisonnable et préjudiciable de céder aux injonctions des technocrates européistes et de sacrifier la santé des Français sur l’autel des enjeux économiques.
Le principe de précaution, qui a dramatiquement été balayé par l’exécutif depuis qu’Emmanuel Macron a pris connaissance de la dangerosité du coronavirus en décembre dernier, doit imposer des vacances d’été sur le territoire national et des contrôles sanitaires pour les ressortissants de l’UE qui souhaiteraient venir chez nous.

Cependant, combien de nos compatriotes pourront prendre quelques jours de détente alors que des millions d’entre eux s’apprêtent à affronter des difficultés sociales sans précédent et que 4 Français sur 10 ne partent jamais pour des raisons économiques hors période de crise ?
Concernant le soutien au tourisme, à la restauration et à l’hôtellerie, le gouvernement serait bien inspiré de lancer une grande campagne de patriotisme touristique pour engager les Français à aider les entreprises et les salariés du secteur tout en redécouvrant nos régions et notre patrimoine inestimable.

Pourquoi ne pas dire clairement aujourd’hui aux Français que seules les vacances en France seront autorisées afin de limiter la circulation du virus en Europe et de soutenir économiquement le secteur du tourisme ?