Question écrite de Bruno Bilde, député du Pas-de-Calais, au Premier ministre, sur les déclarations ahurissantes de Jean-Michel Blanquer concernant les risques sanitaires du confinement

M. Bruno Bilde interroge M. le Premier ministre sur les déclarations invraisemblables et préoccupantes du ministre de l’Education nationale concernant la réouverture des écoles.

En effet, alors qu’il était l’invité de la matinale d’Europe 1 ce lundi 11 mai, Jean-Michel Blanquer, tentant maladroitement de dissiper les craintes légitimes des parents d’élèves, a osé dire l’impensable : « il y a plus de risques à rester chez soi que d’aller à l’école ».

Le caractère complètement loufoque de cet argumentaire piteux de circonstance vient se fracasser d’une part, contre l’avis du conseil scientifique qui préconisait une reprise des cours en septembre et d’autre part, contre la falaise du bon sens.
À quelles familles françaises, le ministre de l’Education veut-il faire croire que des classes de primaire où les gestes barrière et la distanciation physique seront quasiment impossibles, seraient moins propices à la propagation du virus que le foyer familial ?

Plus inquiétant encore, cet acte manqué vient totalement discréditer la stratégie sanitaire du gouvernement qui a consisté à confiner la population à domicile pendant deux mois.
Si le risque est moindre d’aller à l’école et dans le prolongement d’aller dans un parc, d’entrer dans un magasin ou un musée, pourquoi donc avoir opté pour des mesures de restriction des déplacements tout en fermant les lieux publics ?

Cette déclaration n’est malheureusement pas isolée. Elle s’inscrit dans la continuité des aberrations et autres discours bancals entendus depuis le début de la crise, de l’inutilité des frontières et des masques en passant par le refus de tester massivement ou le confinement à la carte selon les quartiers.
L’accumulation de ces petites phrases et de ces torrents de contradictions fragilisent dramatiquement la parole publique, écornent l’image de l’Etat et fracturent la confiance des Français.
Comment comptez-vous redemander des efforts aux Français en cas de deuxième vague épidémique avec ces messages délétères ?
Serait-il envisageable que vos ministres réfléchissent deux secondes avant de parler à tort et à travers ?