Question écrite de Bruno Bilde, député du Pas-de-Calais, à Bruno Le Maire, ministre de l’économie, des finances et de la relance, sur le soutien aux gérants de salles de sport

M. Bruno Bilde interroge M. le ministre de l’économie, des finances et de la relance sur les appels au secours des patrons de salles de sport frappés par les conséquences économiques et sociales des mesures sanitaires imposées par le gouvernement.

Comme beaucoup d’autres secteurs d’activité, les entreprises de sport en salle ont vécu une année 2020 cataclysmique avec la fermeture brutale de leurs structures le 15 mars dernier, une reprise difficile en juin et un nouvel arrêt à l’automne suivant l’arrivée de la 2e vague de l’épidémie. Alors que le gouvernement a insisté depuis la fin du confinement sur la nécessité de relancer l’économie et de préserver nos emplois, la filière du sport, des loisirs, du cycle et de la mobilité active est aujourd’hui sacrifiée et avec elle ses 80 000 emplois qui réalisent pourtant chaque année 14 milliards d’euros de chiffre d’affaires cumulés. En outre, les patrons et salariés du secteur ne comprennent pas les mesures spécifiques et disproportionnées qui les désignent comme des responsables de la propagation du virus.

En effet, alors que le gouvernement a autorisé les restaurateurs à préserver une activité partielle avec des protocoles contraignants et des limitations horaires liées au couvre-feu, il n’a pas été permis aux salles de sport situées en zones d’alerte maximale de s’adapter pour survivre économiquement.

Pourtant, si les principaux foyers d’épidémie sont identifiés dans la sphère familiale et l’environnement professionnel, les chiffres du syndicat Union Sport Cycles révèlent que les salles de sport restent des lieux extrêmement préservés avec seulement 207 cas répertoriés par les agences régionales de santé sur 27 millions de passages depuis le 1er juin dernier.

D’un point de vue strictement sanitaire, les professionnels des métiers du sport sont éprouvés aux mesures d’hygiène et ont pu dès la réouverture de leurs établissements limiter le nombre de leurs clients, intégrer des parcours permettant la distanciation physique, disposer du gel hydro-alcoolique et nettoyer leurs appareils plusieurs fois par jour. Le sport est aussi un moyen de renforcer les défenses immunitaires à l’heure où les organismes vont devoir lutter à la fois contre le coronavirus mais aussi contre la grippe saisonnière. Pour ces raisons de bon sens, la fermeture brutale des salles de sport où la pratique est individuelle ne se justifiait pas.

D’un point de vue économique, les patrons de salles de fitness et de musculation doivent aujourd’hui payer les dettes des charges reportées du premier confinement. Malgré les bouées de sauvetage du chômage partiel et des 1500 euros mensuels, les entreprises sont aujourd’hui au bord du gouffre sachant qu’elles n’ont pas été indemnisées pour les 15 premiers jours de mars et les derniers jours de septembre. De plus, bon nombre de leurs clients ont déserté en résiliant leurs abonnements du fait de nouvelles habitudes ou de difficultés financières personnelles.

Alors que le mois de novembre s’annonce extrêmement difficile sur le front sanitaire, quels sont les dispositifs de soutien spécifiques que le gouvernement compte accorder aux gérants de salles de sport afin d’éviter une catastrophe sociale sans précédent ?

Allez-vous notamment déclarer l’annulation de toutes les charges des salles de sport pour les périodes d’inactivité ou d’activité partielle ?