Question écrite de Bruno Bilde, député du Pas-de-Calais, à Bruno Le Maire, ministre de l’économie et des finances, sur l’avenir des hauts-fourneaux du site Saint-Gobain de Pont-à-Mousson

M. Bruno Bilde interroge M. le ministre de l’économie et des finances sur les intentions réelles du gouvernement concernant l’avenir des derniers hauts-fourneaux français du site industriel de Saint-Gobain de Pont-à-Mousson en Meurthe-et-Moselle.

En effet, le 4 avril dernier sur RMC, Bruno Le Maire a déclaré qu’il ne fermait pas la porte au rachat de l’entreprise française Saint-Gobain par un investisseur chinois. Justifiant cette possibilité par les déficits de la filiale de Lorraine, le gouvernement envisagerait la cession de 60% de Saint-Gobain PAM, pourtant leader européen des canalisations d’eau en fonte ductile, au groupe chinois XinXing Ductile Iron Pipes, numéro 1 mondial du secteur.

Force est de constater que ce gouvernement ne retient aucune leçon des fiascos industriels récents et poursuit aveuglément la grande braderie de nos fleurons nationaux. L’abandon de Saint-Gobain aurait notamment pour conséquence la perte de notre souveraineté technologique dans le domaine sensible de l’approvisionnement en eau potable. Elle constituerait également un terrible signal pour les 2 000 salariés du site qui seront, comme à chaque fois, les victimes de cette politique de terre brûlée industrielle. Comme nous en avons malheureusement pris l’habitude, le nouvel acquéreur étranger devrait s’engager à garantir l’emploi et même à embaucher. Et comme c’était écrit d’avance pour la cession de la branche énergie d’Alstom à l’américain General Electric, une fois l’encre du contrat séchée, les garanties seront balayées par le besoin de rentabilité. Les nouveaux maîtres qu’ils soient chinois, américains ou indiens ne tremblent jamais pour couper froidement dans la masse salariale au mépris de l’emploi local et de l’activité économique de nos territoires.

Malgré la fermeté verbale de Bruno Le Maire, devenu ministre de l’impuissance et de l’analyse du lait renversé, le gouvernement est désespérément tenu par un système économique euro-mondialisé où toutes les protections doivent s’effacer devant l’ultra-libéralisme et la concurrence déloyale. Dans ce système, nos entreprises et nos industries stratégiques sont les proies de puissances qui, elles, défendent farouchement leurs intérêts.

Le gouvernement compte-t-il abandonner ce qu’il reste du patrimoine industriel de la France ou va-t-il enfin reprendre les rênes et opter pour une nationalisation temporaire du site de Saint-Gobain ?