Question écrite de Bruno Bilde, député du Pas-de-Calais, au Premier ministre, sur la tournée anti-RN du ministre Julien Denormandie

M. Bruno Bilde interroge M. le Premier ministre sur les nouvelles attributions du ministre chargé de la Ville et du logement, Julien Denormandie, qui vient de voir son portefeuille élargi à la lutte contre le premier parti d’opposition qui est aussi le premier parti de France.

En effet, dans un article publié le 14 janvier 2020, Le Figaro révèle que Julien Denormandie va prochainement profiter de ces déplacements ministériels pour lancer une tournée anti-Rassemblement National. Dans le cadre de la campagne des élections municipales, le ministre compterait ainsi se déplacer, une à deux fois par semaine, dans les villes gérées par des maires RN et dans les communes susceptibles d’être gagnées par les candidats soutenus par Marine Le Pen pour « montrer que la République est toujours là ».

Tout d’abord, il convient de rappeler et de réaffirmer que les maires engagés au Rassemblement National sont pleinement et totalement des représentants du peuple, élus par le peuple et pour le peuple. Ils incarnent et défendent nos institutions, garantissent l’intérêt général et la proximité, promeuvent nos valeurs communes. N’en déplaisent aux sectaires préhistoriques, ils sont, eux aussi, la République et à ce titre, ils méritent la même considération, la même attention et le même traitement que leurs collègues élus sous une autre étiquette.

Au-delà de l’absurdité des motivations avancées par le gouvernement pour engager cette croisade anti-démocratique, au-delà du recyclage grotesque des tristes et stériles initiatives du gouvernement de Manuel Valls de 2014, des questions graves se posent et interrogent.

En tant que membre du gouvernement, en tant que serviteur de la République, Julien Denormandie n’est pas rémunéré pour partir en campagne électorale mais bien pour servir la France et les Français. Sa mission, confiée par le Président de la République, devrait dans une République exemplaire l’amener naturellement à déployer toute son énergie et son action pour lutter contre le mal-logement qui touche 4 millions de Français et proposer des solutions pour aider les millions de ménages fragilisés par l’envolée des prix de l’immobilier.

Or pendant deux mois, ses indemnités – qui s’élèvent à 10.135 euros bruts mensuels – vont être consacrées à soutenir publiquement les candidats de La République En Marche investis face aux candidats nationaux. En clair, les impôts de nos compatriotes vont être scandaleusement utilisés pour essayer d’affaiblir les bilans remarquables des maires RN au lieu de servir à restaurer l’ordre républicain dans les innombrables villes PS, LR ou LREM dans lesquelles les voitures brûlent, dans lesquelles les quartiers font sécession gangrenés par le communautarisme et où les violences polluent le quotidien des habitants.

En l’état et sans clarification de votre part, cette tournée anti-RN d’un ministre s’apparente à un financement illégal de la campagne des élections municipales des 15 et 22 mars 2020.

Si Monsieur Denormandie souhaite défier les candidats RN sur le terrain, il peut librement le faire et sans ambiguïté en quittant le gouvernement et en rejoignant les rangs des pontifes du parti macroniste.

Allez-vous demander à Monsieur Denormandie de choisir entre l’intérêt de la République et les intérêts partisans ? Ou préférez-vous que ses indemnités soient intégrées dans les comptes de campagne des candidats LREM ?