Question écrite de Bruno Bilde, député du Pas-de-Calais, au Premier ministre, sur la mise en œuvre d’un plan d’urgence pour sauver le patrimoine national

M. Bruno Bilde interroge M. le Premier ministre sur la sauvegarde et l’entretien de l’ensemble du patrimoine monumental de la France. L’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris a suscité une vague d’émotion sans précédent dans tout le pays et un afflux de dons pour sa reconstruction. Cette atteinte au patrimoine historique, culturel et religieux de tous les Français a été ressentie comme un drame et une profonde douleur. En plus d’un sursaut patriotique sincère et enraciné, cette catastrophe a permis de mettre en lumière l’état désastreux de bon nombre de nos monuments partout dans nos territoires après les multiples alertes de Stéphane Bern et les remontées régulières des associations nationales et locales.

En effet, malgré les beaux discours sur la France éternelle et les promesses emplies de lyrisme, notre patrimoine est malmené et maltraité depuis des années par les gouvernements successifs. Dans les chiffres, les fonds dédiés représentent seulement 3% du budget du ministère de la Culture, ce dernier ne représentant que 2,1% du budget de l’Etat. Ainsi, l’enveloppe consacrée à la restauration des monuments historiques grands projets ne s’élève qu’à 130 millions d’euros et l’entretien et la restauration de tous les autres monuments historiques ne peut s’appuyer que sur 326 millions d’euros.

Ces moyens dramatiquement insuffisants sont pour partie la conséquence du désengagement de l’Etat qui préfère laisser les collectivités territoriales porter la responsabilité de la vétusté des églises, des châteaux, des lavoirs ou des moulins. Comme si cela ne suffisait pas, les politiques d’aménagement du territoire participent de la perte d’attractivité et de la défiguration des splendeurs locales : implantation massive d’éoliennes ou de lignes THT, lignes grande vitesse, lotissements, zones commerciales…

L’abandon des trésors architecturaux qui nous ont été légués par nos ancêtres constitue une faute majeure. Comment donner du sens à notre communauté nationale si nous laissons disparaître notre histoire ? Comment défendre et valoriser notre identité si les témoignages illustres du génie de nos pères s’effondrent sous nos yeux ?

L’entretien du patrimoine n’est pas une contemplation béate du passé réservée à quelques chercheurs. C’est aussi une nécessité économique qui concerne 500 000 emplois (dont 280 000 indirects) dont la plupart sont locaux et non délocalisables. C’est l’assurance de préserver l’attractivité touristique de l’ensemble des départements de France et donc de faire vivre les professionnels du secteur de l’hôtellerie, de la restauration, des loisirs.

Que prévoit votre gouvernement pour sauver les fondations monumentales de notre pays et mettre en œuvre une ambitieuse politique de sauvetage du patrimoine national ?