Question écrite de Bruno Bilde, député du Pas-de-Calais, à Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, sur la manifestation communautariste interdite « Justice pour Adama »

M. Bruno Bilde interroge M. le ministre de l’Intérieur sur la manifestation illégale et violente organisée par le comité « La vérité pour Adama » mardi 2 juin sur le parvis du Tribunal de Paris.

Alors que ce rassemblement avait été préalablement interdit par la Préfecture de police en raison de l’état d’urgence sanitaire, près de 20 000 personnes, dont un grand nombre de militants communautaristes et d’extrême gauche, ont pu se réunir pour cracher en toute impunité leur détestation des forces de l’ordre en scandant notamment : « Tout le monde déteste la police ». Tous les éléments confirment que cette manifestation n’avait rien de pacifique.

En effet, un certain nombre de slogans appelaient explicitement à la guerre civile – « Sans justice, pas de paix » – sur fond d’instrumentalisation des émeutes américaines consécutives à la mort de George Floyd, la nouvelle porte-parole de la haine anti-flics, la chanteuse Camélia Jordana, excitait la foule en chantant : « La révolution est arrivée, il est temps de prendre les armes. »

Comme c’était prévisible et selon les souhaits d’irresponsables élus avides de chaos, la manifestation a dégénéré dans la soirée avec des affrontements, des incendies, de la casse et des dégâts estimés à un million d’euros.

Le drame de cette triste soirée est véritablement la confirmation de la désertion de l’Etat républicain et de la lâcheté du gouvernement. Rien n’a été fait par les services du ministère de l’Intérieur pour empêcher la tenue de ce raout racialiste interdit malgré les multiples appels des organisateurs à violer la loi. Rien n’a été entrepris pour faire appliquer l’état d’urgence sanitaire et la proscription des rassemblements de plus de 10 personnes. Comme samedi dernier pour le défilé de 5000 immigrés clandestins dans Paris, l’Etat s’est incliné devant le fait accompli et a envoyé un signal délétère à certains groupes : quand c’est interdit, c’est tout de même possible !

Où était l’extrême fermeté du gouvernement entrevue lors du mouvement des Gilets Jaunes ? Où étaient cachés les canons à eau, les tirs de LBD, les interpellations musclées, le déploiement des motos des brigades de répression de l’action violente ?

Pourquoi le préfet de Police Lallement est-il resté muet, lui qui est pourtant coutumier des petites saillies belliqueuses ?

Pourquoi ne l’a-t-on pas entendu dire aux amis d’Adama Traoré : « Nous ne sommes pas dans le même camp » ?

Pourquoi n’a t-il pas menacé les manifestants indigénistes avec le même ton que celui réservé aux éventuels contrevenants au confinement ?

La question la plus grave est finalement celle-ci : la loi est-elle la même pour tous dans notre pays ?