Question écrite de Bruno Bilde, député du Pas-de-Calais, à Elisabeth Borne, ministre du travail, de l’emploi et de l’insertion, sur la détresse des salariés du monde de la nuit condamnés à l’inactivité et exclus de la relance économique

M. Bruno Bilde interroge Mme la ministre du travail, de l’emploi et de l’insertion sur la situation préoccupante des salariés du monde de la nuit qui souffrent depuis la cessation de leurs activités le 15 mars dernier avec la fermeture de près de 2000 discothèques et clubs.

Alors que les 50 000 professionnels du secteur espéraient une reprise, partielle et adaptée aux consignes sanitaires, à compter du 10 juillet, le ministre des solidarités et de la santé a annoncé la prolongation de la fermeture de tous les lieux festifs nocturnes jusqu’au 21 septembre prochain. Pourtant un protocole sanitaire avait été élaboré en amont pour préparer la réouverture. Le 13 juillet, le Conseil d’Etat rejetait, lui aussi, la demande de réouverture des discothèques.

Cette décision aussi brutale qu’incompréhensible retentit comme un coup de tonnerre pour les femmes et les hommes d’un secteur qui réalise un chiffre d’affaires d’environ 2 milliards d’euros par an et qui contribue à la vie sociale et festive des Français : gérants de boîtes de nuit, disc-jockeys, barmans, hôtesses et hôtes d’accueil, agents de sécurité…

Contrairement aux patrons et salariés des restaurants, cafés, hôtels, ceux du monde de la nuit ne pourront pas profiter de la période estivale pour relancer leur activité et éviter licenciements et fermetures définitives en cascade.Contrairement aux secteurs de la restauration, du tourisme et de la culture qui ont bénéficié de toutes les attentions de l’Etat, les acteurs du monde de la nuit ont été tenus à l’écart des concertations avec le gouvernement, déplorant un manque de considération évident et ne recevant que des incertitudes pour l’avenir et l’assurance d’une catastrophe économique et sociale.

Alors que le secteur est déjà fragilisé par la chute de la fréquentation depuis les attentats de 2015 et la succession des mouvements sociaux, l’épidémie de Covid-19 et l’abandon manifeste de l’Etat viennent condamner des établissements à la faillite et jeter des dizaines de milliers de travailleurs dans le gouffre du chômage.

Pourquoi maintenir la fermeture des lieux de nuit alors que les professionnels sont déjà rompus à l’adaptation des règles sanitaires et autres contraintes réglementaires relatives à la sécurité et au bruit ?

Pourquoi prolonger la fermeture des discothèques et des clubs et en même temps autoriser les rassemblements festifs sauvages de plusieurs milliers de personnes, sur les quais de Seine ou l’organisation de rave-parties partout en France où la distanciation physique et le port du masque sont illusoires ?

Pourquoi instaurer une injustice criante entre les bars ouverts qui peuvent faire discothèque et les discothèques qui ont l’interdiction d’exploiter leur bar ?

A quand un plan d’aide massif et concret du gouvernement pour sauver les établissements de nuit et avec eux la vie nocturne et festive française ?