(suite à l’article publié le 14 mai 2019)

L’article en date du 14 mai 2019 « Le bien maigre bilan du Rassemblement national au Parlement européen », rédigé par Lucie Soullier, Cécile Ducourtieux et Jean-Baptiste Chastand, offre un regard biaisé et partisan du travail des députés RN au Parlement européen évoquant une présence prétendument passive ainsi que des contradictions dans nos votes.

Le député français au Parlement européen Pervenche Berès nous accuse de faire « acte de présence ». En effet, avec 91.69% de présence aux votes, nous affichons le deuxième meilleur score des délégations françaises, devant Les Républicains auxquels a longtemps appartenu M. Lamassoure. Par ailleurs, nos députés représentent 37,2% des prises de parole françaises au Parlement européen, quand LR, seconde délégation, n’affichent que 26,54%. Nous sommes présents car nous avons des choses à dire.

Il est souligné qu’aucun de nos élus ne figure dans les 100 députés les plus influents. Nous nous en réjouissons puisque ce classement, politisé et partisan, consacre les auteurs de législations contre lesquelles nous luttons. L’évaluation même de cette influence peut être sérieusement mise en cause : le débat actuel sur l’Europe doit-il plus à Marine Le Pen ou à Antonio Tajani, premier de ce classement ? À Matteo Salvini ou à Manfred Weber, deuxième de ce classement ? Chez les députés français, qui de Nicolas Bay, seul Français co-président d’un groupe politique, ou d’Alain Lamassoure, candidat malheureux au PPE pour la présidence du Parlement (avec 38 voix sur les 221 de sa famille politique) s’est imposé ? Quant à Pervenche Berès, après 25 années de présence, qui serait capable de citer un de ses faits d’armes (si ce n’est d’avoir barré la route de la présidence du Parlement à un autre Français socialiste, Michel Rocard) ?

Ce qui est certain, et trop vite oublié par ces trois journalistes, c’est que les autres groupes politiques ont dressé un cordon « sanitaire » pour saper notre travail. En ce qui nous concerne, nous avons voté toutes les mesures qui nous semblaient de bon sens dès lors qu’elles n’empiétaient pas sur la souveraineté des États et les libertés de nos concitoyens. Et ce quel que soit le parti politique à l’origine du texte. De l’instrument de filtrage des investissements étrangers à l’interdiction des plastiques à usage unique en passant par le droit d’auteur, de la lutte contre l’optimisation fiscale des géants du numérique à la mise en place du système ECRIS pour collecter les données sur les criminels, nous avons été au rendez-vous. La réciproque n’est pas vraie. Il faudra demander aux députés LR pourquoi ils ont systématiquement voté contre nos amendements réclamant la fin des négociations d’adhésion de la Turquie ? Pourquoi, en commission des transports, tous les députés français sans exception ont voté contre nos amendements garantissant une véritable protection aux chauffeurs routiers ? Pourquoi, en séance plénière de mars 2018, les autres délégations françaises ont voté contre notre proposition de suppression de toute future taxe européenne?

L’article, biaisé et partisan, se réfère plus à la communication politique de nos adversaires qu’au contenu réel des textes, qu’il ignore manifestement. Le PNR ? Qui peut sérieusement croire que le Rassemblement national n’est pas à la pointe de la lutte contre le terrorisme ? Nous avons voté contre ce texte parce qu’il est liberticide, parce que l’Union européenne et la plupart des gouvernements, incapables de prendre des mesures ciblées de bon sens contre les islamistes, préfèrent ficher l’ensemble de la population. Les travailleurs détachés ? La nouvelle mouture de la directive laissait espérer un petit mieux pour les salariés français. Nous avons été pragmatiques : si nous pouvons soulager un peu les salariés, très bien. Toutefois, nous restons les seuls à dire que l’abrogation est nécessaire pour mettre fin à ce dumping social qui entraîne une véritable concurrence déloyale.

Le travail accompli par les députés du Rassemblement national a été celui d’une opposition résolue et efficace. Durant ces cinq années, nous nous sommes organisés avec nos partenaires européens pour lutter sans relâche contre les échecs de l’UE et sa dérive antidémocratique. Nous avons émis des propositions de bon sens, balayées par une majorité aveuglément fédéraliste.

Nous avons porté ensemble le message alternatif d’une communauté de civilisation et de destin, mais qui ne peut aller sans la liberté de choix et le respect de nos identités nationales. Tous les sondages indiquent que notre projet trouve un écho massif dans la population.

Qui de nos adversaires peut en dire autant ?