Conférence de presse - Le sursaut face à l'extrême gauche

Jordan Bardella

Communiqué

18 février 2026

(Seul le prononcé fait foi)

Mesdames, messieurs,

Merci pour votre présence à cette conférence de presse. C’est parce que notre démocratie est à un point de bascule que j’ai décidé de prendre la parole.

Ces dernières heures, la France entière a été émue par la tragédie de Quentin, un jeune homme de 23 ans tué, battu à mort en pleine rue par des militants d’extrême gauche.

Je veux avant toute chose avoir une pensée attristée pour sa famille, pour ses parents qui éprouvent la douleur insondable de perdre un fils, et pour ses proches qui ne reverront plus le sourire d’un ami cher.

Alors que la politique devrait être la confrontation pacifique des idées, dans le respect du débat public et des personnes, elle a été, ce week-end, le prétexte à un déferlement de violences qui a conduit à la mort d’un jeune Français, un étudiant en finance et en informatique, qui avait toute la vie devant lui. 

Ce que nous avons vu ce week-end n’est pas un accident fortuit, mais un déchaînement de haine et un acte barbare : les images de vidéosurveillance sont accablantes. Elles témoignent d’un acharnement, par six individus, sur un homme au sol, en raison de ses idées politiques, incapable de riposter face à l’avalanche de coups dont il est la victime.

Nous aurions tort de considérer ce drame comme un fait divers. Il est la résultante d’un climat de violence, minutieusement instauré depuis des années, par une partie de la gauche, dont l’outrance verbale et la stratégie du chaos permanent nourrissent aujourd’hui la violence physique.

Si l’extrême gauche a tué ce week-end, c’est d’abord parce qu’elle bénéficie d’une complaisance médiatique, et d’un certificat d’immunité offert par la classe politique.

En déshumanisant leurs adversaires, en maniant l’invective systématique à leur égard, la gauche et l’extrême gauche ont franchi une ligne rouge dans notre démocratie : le respect des opinions et de l’intégrité physique de ses opposants.

Alors que le ministre de l’Intérieur a lui-même mis en cause des membres de l’ultra gauche, et puisque l’enquête accrédite la thèse d’un meurtre commis par la Jeune Garde, qu’il me soit permis de rappeler l’itinéraire de cette milice violente. 

En 2024, huit membres de la Jeune Garde ont été mis en examen pour violences en réunion et placés sous contrôle judiciaire, après l’agression d’un jeune homme de confession juive, qu’ils avaient préalablement qualifié de « sioniste ». 

En juin 2025, après d’autres épisodes de violences, et en raison de ses actions, le ministre de l’Intérieur procédait à la dissolution de ce « groupement de fait ». 

A l’époque, Jean-Luc Mélenchon était venu au secours de la Jeune Garde, la qualifiant « d’organisation alliée, liée au mouvement insoumis », le 30 avril 2025 à Auxerre. Je poursuis la citation, tant elle est univoque et accablante : « Demain 1er mai, j’appelle tous mes camarades insoumis à se grouper derrière la bannière de la Jeune Garde. J’en parle avec passion car ce sont mes jeunes camarades ».

La veille du lynchage de Quentin, la France insoumise affirmait, dans un communiqué officiel soutenant le recours du groupuscule devant le Conseil d’État contre sa dissolution : « Nous le disons fièrement : la Jeune Garde est essentielle ». 

De son côté, la patronne des Ecologistes, Marine Tondelier, signait, elle, une tribune en soutien sans équivoque à la milice.

Depuis plusieurs années, la Jeune Garde s’est donc constituée en bras armé de la gauche. Son étiquette côtoyait celles de la France insoumise, du Parti Socialiste, d’Europe Écologie les Verts et du Parti communiste lors des dernières élections législatives.

Les organisations d’extrême gauche ont pour point commun de théoriser l’utilisation de la violence comme un mode normal d’expression.

Elles dégradent des permanences politiques. Elles organisent des contre-manifestations, dans l’unique but de perturber des meetings politiques, avec la volonté claire d’affronter le public.

On ne compte plus les réunions publiques du Rassemblement National se tenant sous la menace de ces nervis prêts à en découdre avec d’autres Français, sous prétexte qu’ils ne pensent pas comme eux.

Je rappelle qu’en février 2025, des étudiants militant au RN avaient été violemment agressés à Rennes par un groupe d’« antifas », qui avaient reçu, en garde-à-vue, la visite de la députée LFI Marie Mesmeur. 

Ces organisations revendiquent aussi une hostilité à l’égard de nos forces de l’ordre, notamment à travers des slogans appelant à tuer des policiers ; c’est ainsi qu’elles répandent en ligne depuis des années le slogan « ACAB », qui vise à légitimer les atteintes à leur intégrité.

Elles s’adonnent à la confrontation violente avec les policiers et gendarmes lors des manifestations, où elles fournissent d’entiers bataillons de casseurs qui dévastent nos rues et nos commerces. Chacun garde en mémoire les images de policiers ou de gendarmes pris à partie ou visés par des projectiles incendiaires avec la volonté de blesser voire de tuer.

Comme nous l’avons constaté lors de la manifestation dite « contre l’islamophobie » en janvier 2023, où des personnalités de la France insoumise ont défilé aux côtés de fichés S, l’extrême gauche s’associe également à la sphère islamiste.

Elle n’hésite plus à désunir la société française sur des questions purement communautaristes, opposant une « vieille France » qui serait trop « traditionnelle », à une « nouvelle France » issue de l’immigration.

Ainsi, pour la gauche, l’immigré a remplacé l’ouvrier, la bannière du Hamas a remplacé le drapeau tricolore, et la soumission à l’islamisme a supplanté la laïcité et les valeurs républicaines. 

Après la dissolution de la Jeune Garde, s’est formé un collectif, « Génération antifasciste », dont les membres sont identiques, et qui tend aux mêmes objectifs. Ce collectif a été formé sous l’égide de la France insoumise, lors d’une réunion publique commune.

Les liens politiques et idéologiques entre la Jeune Garde et la France insoumise, sont avérés et assumés.

On ne compte plus les photographies où figurent Jean-Luc Mélenchon et son fils spirituel Raphaël Arnault, ni les accolades qu’ils s’offrent devant les caméras.

La Jeune Garde est le bras armé de la France insoumise, à qui elle fournit militants et futurs cadres, sans rater la moindre occasion de justifier ses modes opératoires. 

Lors du lancement de cette nouvelle milice « Génération antifasciste », LFI n’a pas caché son but : opposer la violence physique à tous les Français patriotes.

Dans une grande démocratie comme la France, on ne peut tolérer aucune forme de violence, aucune intimidation, aucune pression sur le processus électoral, aucun appel à l’insurrection.

La vérité, c’est qu’il existe aujourd’hui un véritable continuum politique entre les mouvements d’ultra-gauche violents et le mélenchonnisme.

A LFI la vitrine révolutionnaire, aux antifas l’action violente et le passage à l’acte.

Raphaël Arnault, triple fiché S, définitivement condamné pour violences volontaires en réunion il y a moins d’un an, est emblématique de la convergence entre ces deux modes d’action.

Il faut rappeler que c’est LFI qui a théorisé la notion « d’autodéfense populaire », véritable porte ouverte à toutes les dérives, invoquée depuis quatre jours par l’ensemble de ses représentants, de Manuel Bompard à Mathilde Panot.

Au fond, Jean-Luc Mélenchon ne regrette rien. Un homme est mort, mais c’est lui qui joue la victime. 

Enfin, au niveau municipal, ces obsessions idéologiques ont une traduction concrète : les candidats de la France insoumise s’opposent à la vidéoprotection, et souhaitent désarmer les polices municipales, alors même que nos compatriotes n’ont jamais autant souffert de l’insécurité ; alors même que le narcotrafic menace la paix civile. 

Ces faits de violence, et ces propositions programmatiques folles, rendent d’autant plus incompréhensible la complaisance politique et médiatique dont bénéficie la gauche française. 

La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a affirmé, en réaction au drame de ce week-end, « On a tous une responsabilité lorsqu'on glisse un bulletin LFI dans l'urne ». Ce sont des propos de bon sens que je partage.

Effectivement, les macronistes qui ont appelé à voter pour la France insoumise face aux candidats RN lors des dernières élections législatives ont tous, eux aussi, une lourde responsabilité dans cette violence institutionalisée. 

Dans des dizaines de circonscriptions, le parti d’Emmanuel Macron, de Gabriel Attal et d’Edouard Philippe a délibérément ouvert les portes de l’Assemblée nationale aux pires nervis de l’extrême gauche. 

Ces basses compromissions, destinées à assurer leur propre survie politique et à contourner la volonté des Français, ont propulsé, au cœur de nos institutions, des députés LFI tels que Raphaël Arnault. 

Pendant que Gabriel Attal, sur France Inter, appelait à utiliser les bulletins de vote LFI au second tour des législatives, Edouard Philippe retirait son candidat en Seine-Maritime au profit de Mme Alma Dufour. 

Pour sauver quelques sièges, le macronisme n’a pas reculé devant la perspective de voir arriver massivement à l’Assemblée un parti que le président de la République lui-même avait pourtant qualifié d’antiparlementaire, d’antirépublicain et d’antisémite.

En glissant un bulletin LFI dans l’urne en juin 2024, les macronistes ont offert un soutien inespéré à une mouvance qui combat nos institutions. 

Après la tragédie que nous avons vécue, et pour que Quentin ne soit pas mort en vain, j’appelle la justice à effectuer son travail et à prononcer des condamnations exemplaires contre les meurtriers impliqués dans son décès. 

La dissolution de la Jeune Garde doit être enfin effective, et le groupuscule « Génération antifasciste » doit être considéré comme une reconstitution de ligue dissoute, avec toutes les conséquences judiciaires que cela implique.

Lorsqu’une organisation utilise la terreur pour imposer son idéologie, alors elle doit être combattue avec la même force que le sont les groupes terroristes. 

En prévention de la violence, nous prônons notamment un renforcement des interdictions administratives de manifester, et une obligation de pointage lors des manifestations à risques, comme cela a été appliqué aux hooligans dans le football. 

Nous réclamons également la publication par l’État d’une liste d’organisations ou de groupuscules faisant peser un risque grave sur l’ordre public et la sécurité nationale.

Une telle liste permettrait d’interdire systématiquement la présence des militants affiliés ou proches de tels groupes, au lieu de multiplier, comme aujourd’hui, les arrêtés préfectoraux édictés au cas par cas, laissant la porte ouverte à des failles.

Nos universités doivent rester des lieux d’étude, à l’abri de tout endoctrinement idéologique, de toutes les pressions politiques, de toutes les intimidations.

L’extrême gauche a fait de l’université un espace de confrontation, particulièrement depuis les attentats du 7 octobre 2023 perpétrés par le Hamas.

Des conférences contre l’existence même de l’État d’Israël y sont organisées, des professeurs sont intimidés s’ils expriment une divergence de vue, des locaux sont occupés illégalement et dégradés, dans une indifférence générale.

Je demande que les services de l’État identifient les établissements à la dérive et procèdent à leur mise sous tutelle pour y rétablir partout la loi et l’ordre. 

Si la justice établira la culpabilité judiciaire, nous ne pouvons omettre la responsabilité politique et morale : celle d’un courant de gauche dénommé « France insoumise », animé par Jean-Luc Mélenchon, qui n’a cessé de banaliser la violence.

J’appelle donc à constituer un véritable cordon sanitaire pour isoler la France insoumise et la tenir à l’écart des institutions, que ce soit à l’Assemblée nationale, où ses députés siègent dans de nombreuses instances, ou lors des prochaines élections municipales.

L’extrême gravité des faits appelle à une prise de conscience, et à la mobilisation de la société tout entière, face à un danger que plus personne ne peut ignorer.

Par son recours à l’intimidation, à l’insulte et à la violence, l’extrême gauche représente un péril pour la démocratie française, un péril pour nos institutions, un péril pour le fonctionnement normal de la société. Elle doit être combattue comme telle.  

Cette lutte résolue est le meilleur hommage que l’on puisse rendre à Quentin.

Jordan Bardella

Communiqué

18 février 2026

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