Vœux à la presse de Jordan Bardella

Jordan Bardella

Communiqué

12 janvier 2026

(Seul le prononcé fait foi)

Mesdames et messieurs,

Je vous remercie pour votre présence à l’occasion de ces traditionnels vœux à la presse.

Je souhaite à chacune et chacun d’entre vous, ainsi qu’à vos rédactions et à vos proches, mes meilleurs vœux pour l’année qui s’ouvre.

J’espère que cet instant de trêve vous aura permis de trouver le repos nécessaire avant d’aborder une nouvelle année, qui s’annonce dense, exigeante et déterminante pour l’avenir du pays.

En 2025, la profession de journaliste, et tout particulièrement celle de journaliste de guerre, a payé une fois encore un tribut particulièrement lourd.

Selon Reporters sans frontières, 67 journalistes ont été tués en un an dans l’exercice ou en raison de leur métier, sont aujourd’hui détenus dans quarante-sept pays à travers le monde, notamment en Syrie ou au Yémen.

En ce qui concerne le journalisme français, je souhaite avoir une pensée particulière pour Christophe Gleizes, détenu en Algérie et condamné à l’issue d’un procès expéditif, amplement contestable.

Il nous faut appeler avec gravité à une issue rapide de cette situation, et à la fin des provocations d’un régime qui, en désignant la France comme bouc émissaire, cherche avant tout à dissimuler les échecs de sa propre politique intérieure.

Avant de tracer les perspectives de l’année 2026, je souhaite revenir brièvement sur la période qui vient de s’achever. Un mot, un seul, permet de caractériser l’année 2025 : l’instabilité.

Privés d’une majorité claire et stable, les Français ont assisté, parfois avec lassitude, souvent avec inquiétude, à la valse de gouvernements sans légitimité populaire, ne tenant que par des manœuvres d’appareil et des équilibres artificiels, sans vision claire ni mandat véritable.

La France traverse bien plus grave qu’une crise politique : elle vit une crise de direction et de clarté démocratique. En d’autres termes, la France n’est plus tenue.

À l’Assemblée nationale, une coalition de survie s’est formée contre la volonté du peuple, maintenant à bout de bras une politique que la Nation a pourtant désavouée.

Ce sont nos compatriotes, dans leur vie quotidienne, qui supportent le poids de ces compromis obscurs, sous la forme d’impôts et de taxes toujours plus lourds.

Les récents débats budgétaires l’ont montré : par idéologie, par renoncement ou par manque de courage, nos gouvernants refusent de s’attaquer aux tabous de la dépense publique qui hypothèquent l’avenir de la Nation : le coût de l’immigration de masse, la bureaucratie d’Etat, les fraudes, ou encore le poids croissant de notre contribution au budget de l’Union européenne.

Comme ses prédécesseurs, le gouvernement Lecornu aura persisté dans une continuité désastreuse : frapper la France qui travaille, celle qui tient le pays debout et qui porte, sur ses épaules, les efforts de tous.

Ainsi, dès le 1er janvier, des millions de Français ont vu le prix des carburants et de l’énergie augmenter une nouvelle fois, fragilisant directement le pouvoir d’achat.

Par simple décret, le rabotage des allocations familiales frappera les familles françaises à hauteur de 1,26 milliard d’euros.

La hausse de la CSG touchera de plein fouet les petits investisseurs qui avaient fait le choix de l’épargne en actions, au moment même où nos entreprises ont un besoin vital de capitaux pour investir, innover et produire.

La taxe sur les mutuelles pénalisera l’ensemble des Français qui ont une complémentaire santé.

Le détricotage du dispositif de cumul emploi- retraite symbolise un contresens économique majeur, adopté main dans la main par le bloc central, le Parti socialiste et Les Républicains.

Taxes, surtaxes dites « exceptionnelles », prélèvements multiples et prétendues « contributions » composent désormais un véritable assommoir fiscal, qui n’en finit plus d’écraser les Français et d’étouffer la croissance.

Trop d’impôt tue l’impôt ! Il tue l’envie de travailler, il tue l’investissement, il tue la croissance, et, aujourd’hui, il finit par décourager tout le monde.

Un pays ne se redresse pas en pressurant ceux qui créent la richesse ; il se relève en leur faisant confiance. Voici quelle est fondamentalement notre philosophie économique.

En fin d’année, nos agriculteurs ont de nouveau pris les routes de France, contraints de se mobiliser encore une fois pour leur survie.

Cette crise agricole, chacun le sait, n’est ni conjoncturelle ni accidentelle : elle est le résultat direct de choix politiques délétères que nous avions placés au cœur de la campagne des élections européennes de 2024...

Concurrence internationale déloyale, effondrement des revenus, avalanche de normes imposées par les bureaucraties française et européenne, explosion des prix de l’énergie et poids écrasant des charges : tout concourt à fragiliser ceux qui nourrissent la Nation.

Dans ce contexte, la signature du traité de libre-échange avec le Mercosur apparaît comme une provocation à l’égard de nos agriculteurs, et comme un renoncement grave à la défense de l’intérêt national.

Les tergiversations répétées du président de la République, son incapacité à faire prévaloir la voix de la France, son soutien tacite aux négociations menées en coulisses, puis son revirement opportuniste face à la colère du monde agricole - alors même que le vote de la France n’était plus décisif - relèvent d’une comédie cynique, indigne de la fonction qu’il exerce.

Alors que la France est le deuxième contributeur net au budget de l’Union européenne, elle disposait pourtant de leviers considérables pour défendre ses intérêts et faire respecter ses lignes rouges.

Cet épisode constitue une nouvelle illustration de l’effacement progressif de la voix française sur la scène européenne.

Dans ce contexte, je l’ai annoncé et je le réaffirme : nous déposerons une motion de censure, au Parlement européen contre la Commission européenne, et à l’Assemblée nationale contre le gouvernement Lecornu.

Lorsque ceux qui gouvernent faillissent à défendre les intérêts supérieurs de la Nation, il est du devoir de l’opposition de se mobiliser.

Avec notre agriculture, ce n’est pas seulement la souveraineté nationale qui est en jeu, aussi essentielle soit-elle : ce sont des emplois et des territoires, des villages et des paysages, des modes de vie, des traditions séculaires ; en somme, tout ce qui fonde l’âme et la continuité de la France. Je veux redire devant vous mon soutien au monde rural, au monde agricole, à cette France des champs trop souvent oubliée. Et je fais aussi confiance à la mémoire de nos paysans : elle saura reconnaître ceux qui ont tenu bon, et ceux qui ont trahi.

Fort de sa solidité et de sa cohérence, le Rassemblement National a également enregistré, en 2025, des avancées politiques significatives, aussi bien à l’Assemblée nationale qu’au Parlement européen.

Dans l’hémicycle européen, le premier groupe d’opposition que j’ai l’honneur de présider est parvenu à contraindre la Commission européenne à infléchir plusieurs orientations majeures.

Grâce à notre action, l’inflation normative portée par le Green Deal a été freinée : ces normes excessives, véritables impôts déguisés frappant nos entreprises, ont commencé à être allégées.

Grâce à notre mobilisation, la taxe sur les engrais a été ramenée de 10 % à 1 %, apportant un soulagement concret à nos agriculteurs.

Grâce à notre détermination, l’interdiction de la vente de véhicules thermiques et hybrides neufs a été reportée de cinq années, permettant de préserver près de 60 000 emplois industriels. Ces résultats traduisent une influence politique croissante et marquent une victoire idéologique décisive pour le groupe des Patriotes.

À l’Assemblée nationale, notre groupe de députés, conduit par Marine Le Pen, a mené un travail constant, sérieux et rigoureux au service d’une France sûre et juste.

Lors des débats budgétaires, nos députés ont fait preuve à la fois de responsabilité et de détermination, s’opposant sans relâche aux dérives du gouvernement et de la gauche, tout en présentant un contre-budget sérieux, fondé sur une double exigence : la baisse de la dépense publique et l’allègement de la fiscalité, pour les ménages comme pour les entreprises.

En faisant adopter une résolution dénonçant l’accord franco-algérien de 1968, le Rassemblement National a marqué un tournant.

Pour la première fois, un texte longtemps sanctuarisé a été remis en cause au nom de l’intérêt de la France, démontrant notre capacité à dépasser les clivages, à faire bouger des lignes que l’on disait intangibles.

Mais ces débats nationaux s’inscrivent également dans un contexte international qui demeure, en ce début d’année, profondément instable et incertain.

Aux portes de l’Europe d’abord. Marine Le Pen et moi-même avons été reçus jeudi dernier par le chef de l’Etat, à l’Elysée, pour évoquer la situation en Ukraine et la coalition dite des volontaires qui s’est réunie à Paris.

Au terme de bientôt quatre années d’une guerre qui a déjà fait des centaines de milliers de victimes, nous réitérons naturellement notre souhait d’un cessez-le-feu rapide et de garanties de sécurité solides pour l’Ukraine.

Nous avons toutefois rappelé notre opposition à l’envoi de troupes françaises sur la zone de conflit.

L’année qui s’ouvre est aussi marquée sur le plan international par l’intervention américaine au Vénézuéla et la capture du président Maduro.

Cet épisode constitue une illustration supplémentaire d’un monde de plus en plus troublé, marqué par le retour des ambitions impériales ; un monde où la loi de la force a supplanté le respect des règles internationales.

Qu’il n’y ait ici aucune ambiguïté dans notre positionnement : nous ne nourrissons aucune complaisance à l’égard des régimes autoritaires.

Le régime vénézuélien s’est caractérisé par la suppression des droits politiques de l’opposition, par la restriction des libertés fondamentales, par une politique économique désastreuse qui aura durablement plongé tout un peuple dans une crise sociale profonde.

Pour autant, le renversement extérieur d’un gouvernement par la force ne fait qu’aggraver les déséquilibres du monde et nourrir une instabilité géopolitique.

Je m’étonne, à ce titre, que ceux qui se prétendent les plus vigilants face aux ingérences étrangères puissent soutenir ce qui constitue, par essence, une ingérence manifeste dans les affaires d’un État.

De l’aveu même du président Trump, cette intervention ouvre la voie aux intérêts économiques de compagnies pétrolières américaines : Trump renoue avec la doctrine Monroe, quoi qu’il en coûte.

Quant aux revendications formulées sur le territoire danois du Groenland, elles constituent une remise en cause directe de la souveraineté d’un État européen. Mais là encore, l’intérêt commercial et stratégique s’impose.

Les récentes condamnations par Emmanuel Macron de la « méthode » employée par les États-Unis sont intervenues après une approbation initiale sans réserve et illustrent, une fois encore, les impasses du « en même temps ».

Si ce « en même temps » se traduit, sur le plan intérieur, par l’incapacité chronique à trancher,nourrissant la défiance et le mécontentement général, il se manifeste, en politique étrangère, par une inconstance préoccupante qui affaiblit durablement la crédibilité de la parole française.

Qui écoute encore la France lorsqu’elle s’exprime ?

Qui prend au sérieux sa voix lorsque son président multiplie les revirements sur l’ensemble des grands dossiers géopolitiques ?

Comment s’étonner, dès lors, que notre pays peine à se faire respecter sur la scène internationale ?

Quoi qu’il en soit, le monde qui se dresse autour de nous impose une vigilance accrue.

Elle appelle un renforcement déterminé des capacités militaires, diplomatiques et industrielles de la France.

L’autonomie stratégique ne saurait être un slogan ou une incantation : elle doit devenir une réalité tangible.

Cette réalité se construit par la lucidité sur nos intérêts fondamentaux, par un patient effort de réindustrialisation, par le démantèlement méthodique des normes absurdes que nous imposons à nos propres entreprises, et par la protection de nos marchés à travers l’instauration d’une véritable priorité nationale, et d’une préférence européenne.

Dans un monde instable, où les puissances affirment leurs ambitions et aiguisent leurs appétits, l’Europe ne peut plus se payer le luxe de la naïveté en vivant sur les dividendes illusoires du « doux commerce ».

Le mythe de la « mondialisation heureuse » appartient désormais au passé.

Ne soyons pas les derniers à croire à une fable que d’autres ont depuis longtemps abandonnée.

Ne soyons pas, Français et Européens, les enfants de chœur d’un monde où toutes les autres nations ont revêtu le treillis.

Permettez-moi enfin de vous dire un mot de la situation en Iran, où d’importantes manifestations se déroulent dans de nombreuses villes du pays.

Ces mobilisations ne se limitent pas à la dénonciation de la vie chère : elles traduisent une contestation profonde d’un régime obscurantiste et liberticide qui opprime la société iranienne depuis trop longtemps.

Il faut souhaiter, pour le peuple iranien, pour les femmes en particulier, que le régime des mollahs laisse place à une alternative démocratique libre, saine et durable.

Mesdames et messieurs les journalistes, je souhaite désormais m’adresser plus directement à vous.

La période qui s’ouvre sera marquée par cinq rendez-vous électoraux majeurs : les élections municipales de mars 2026, les élections consulaires de mai 2026, les élections sénatoriales de septembre 2026, puis, en 2027, l’élection présidentielle et les élections législatives.

Cette séquence démocratique d’une densité exceptionnelle appelle, de votre part, une exigence accrue de rigueur, de sérieux et de responsabilité.

J’ai la conviction profonde que la lutte contre les « fake news » ne passera pas par un arsenal judiciaire répressif qui porterait atteinte aux libertés fondamentales, mais par le sens du devoir que chacune et chacun d’entre vous doit incarner : le respect scrupuleux de la déontologie, l’honnêteté intellectuelle et la responsabilité professionnelle.

Il est de notre devoir, responsables politiques, de présenter clairement nos intentions et nos propositions aux Français ; il est de votre devoir d’en rendre compte avec objectivité, avec esprit critique, certes, mais sans biais ni mauvaise foi.

Cette exigence vaut également pour le service public de l’audiovisuel, qui s’est illustré en 2025 par des prises de position militantes clairement orientées à gauche, alors même que le peuple français exprime, dans sa grande majorité, d’autres aspirations politiques.

J’en appelle donc à un débat public apaisé, exigeant et respectueux, car il en va de la responsabilité des dirigeants politiques comme de celle des journalistes d’être, ensemble, à la hauteur de la démocratie française.

Dans une période de choix décisifs, le pays a besoin de clarté, de sérénité et de hauteur de vue, non de caricatures ni d’anathèmes. —

Comme vous le savez, l’année qui s’ouvre sera également marquée par les élections municipales des 15 et 22 mars 2026.

Le changement profond que les Français appellent de leurs vœux passera aussi par l’échelon local, au plus près de leur quotidien.

J’invite donc l’ensemble de nos compatriotes à se saisir pleinement de ce rendez-vous démocratique essentiel.

Je souhaite également m’adresser aux électeurs de droite qui se sentent aujourd’hui orphelins d’une incarnation et d’un projet, lassés des divisions, de la cacophonie et des compromissions répétées avec le macronisme : un autre chemin existe.

En joignant nos forces, en regardant dans la même direction, nous pouvons faire triompher des valeurs partagées : l’autorité, l’identité nationale, la récompense du mérite, le respect de l’ordre républicain, et la défense de nos entreprises comme piliers de la prospérité nationale. Notre alliance avec l’UDR d’Eric Ciotti en témoigne.

Pour ces élections municipales, le Rassemblement National est fier de présenter un nombre inédit de listes sur l’ensemble du territoire et d’être présent dans toutes les grandes agglomérations.

Nous entendons peser comme jamais dans notre histoire sur le scrutin local et offrir à nos compatriotes l’alternance qu’ils attendent, y compris dans leur commune.

Comme nous l’avons démontré dans les villes que nous administrons, nous serons les garants de nos traditions, d’une gestion rigoureuse et d’une fiscalité raisonnable qui n’accable ni les citoyens ni les entreprises.

Nous serons également, dans le cadre des compétences municipales, les défenseurs résolus de la sécurité, de la laïcité et de l’ordre public.

Enfin, à la veille de l’ouverture du procès en appel de l’affaire dite des assistants parlementaires, je veux redire avec force mon soutien total et mon amitié à Marine Le Pen.

Il serait profondément inquiétant pour la démocratie que la justice prive les Français d’une candidate à l’élection présidentielle déjà qualifiée à deux reprises pour le second tour et donnée aujourd’hui comme favorite du scrutin. Elle démontrera son innocence.

À l’évidence, faire de la politique ne vous place pas au-dessus des lois ; mais cela ne vous place pas non plus en-dessous. La démocratie suppose le libre choix du peuple, sans entrave ni acte déloyal.

J’ai la conviction que nous nous trouvons à l’aube de transformations majeures que le peuple français attend et espère.

Très bientôt, les Français seront appelés à un véritable choix de civilisation. Il ne s’agira pas seulement de refermer une parenthèse politique douloureuse, mais d’ouvrir une nouvelle ère faite d’ordre, de sécurité, de fierté retrouvée et de prospérité pour la France. Espérance et persévérance seront, j’en suis convaincu, les maîtres-mots de l’année 2026.

J’ai l’intime certitude que la France mérite mieux, et que le peuple français, fort de son bon sens, de son instinct sûr et de son amour du pays, saura, libéré de toutes les pressions et de toutes les intimidations, choisir la voie du redressement et d’un avenir radieux.

Je vous souhaite, à tous, une très belle année 2026, et je me tiens naturellement à votre disposition pour répondre à l’ensemble de vos questions.

Jordan Bardella

Communiqué

12 janvier 2026

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