Alors que la France prend la présidence de la Commission de l’Océan Indien pour une année, le voyage officiel à Moroni (Comores) d’Eléonore Caroit, ministre de la Francophonie, met en lumière une contradiction diplomatique incompréhensible pour nos compatriotes mahorais et pour tous les Français attachés à l’intégrité du territoire national.
101-ème département de la République, Mayotte est toujours exclue des instances de la COI par le véto des dirigeants comoriens. Cette anomalie est d’autant plus révoltante que la France est le premier bailleur de fonds de cette organisation régionale à laquelle elle a adhéré en 1986. Une organisation qui finance, avec l’argent des contribuables Français, des programmes dont bénéficient directement ses États-membres, à commencer par l'Union des Comores elle-même.
En acceptant de siéger dès l’origine à la COI sous le statut restrictif de « la France au titre de La Réunion », Paris a cédé de facto à la contestation de la souveraineté française sur le territoire voisin de l’Océan Indien qu’est Mayotte. Voir la France continuer de reculer ainsi, année après année, face aux injonctions des dirigeants comoriens est proprement stupéfiant.
Puisque la présidence française de la COI est l’occasion parfaite de mettre les points sur les i, le gouvernement Lecornu doit sortir du confort des démarches diplomatiques qui ne masquent plus son absence de détermination politique. Le temps est venu pour la France, sans laquelle la COI n’existerait pas, d’imposer comme condition non négociable au maintien de sa participation et de son financement l’intégration de plein droit de Mayotte à la Commission de l’Océan Indien.