Le président  de la République vient d’annoncer l’extension du confinement qui ne dit pas son nom à l’ensemble du territoire en raison de l’augmentation des taux d’incidence du virus.
En réalité, il s’agit surtout de masquer le retard pris par l’Exécutif dans le démarrage de la campagne de vaccination. Cette décision a une conséquence concrète pour le Pas-de-Calais : prolonger encore pour au moins un mois supplémentaire les mesures restrictives de liberté qui sont déjà en vigueur depuis plusieurs semaines. Si nos compatriotes, notamment dans notre département, font preuve d’une particulière et admirable résilience, il existe un risque réel d’acceptabilité de ces restrictions sans cesse prolongées dans le temps.
Tout le monde s’accorde sur le fait que l’accélération rapide de la vaccination constitue l’un des outils principaux de sortie de cette crise sanitaire qui dure depuis maintenant plus d’un an. Mais en ce domaine comme dans d’autres, les discours aussi énergiques soient-ils ne remplaceront jamais les actes. Or les annonces gouvernementales à grand renfort de communication ne parviennent toujours pas à masquer la réalité de terrain : un retard considérable pris sur le calendrier de vaccination, et tout cela par manque d’anticipation. Pour le seul centre de Bruay-la-Buissière géré par le SDIS du Pas-de-Calais, la prise de nouveaux rendez-vous pour l’injection de la première dose de vaccin est devenue pratiquement impossible malgré la bonne volonté des vaccinateurs. Ce centre, ouvert en janvier dernier a d’ailleurs dû fermer plusieurs jours ces dernières semaines faute de doses suffisantes ce qui n’a fait qu’accentuer le retard constaté aujourd’hui.
Malgré nos demandes répétées, l’approvisionnement en doses de vaccins n’augmente pas, empêchant ainsi de multiplier la prise de rendez-vous. Par ailleurs, les professionnels hospitaliers prêtant main-forte à cette vaccination, notamment les infirmiers et infirmières exerçant à l’hôpital, ne peuvent bénéficier des mêmes conditions de prise en charge que les professionnels libéraux. Déjà fortement sollicités dans leur activité hospitalière, un risque réel de manque d’effectifs dans les prochaines semaines existe et doit être pris en compte dès maintenant.
Les habitants du Pas-de-Calais, comme ceux des autres territoires impactés par le rebond de l’épidémie, n’ont plus à faire les frais des défaillances de l’Exécutif. Les élus locaux sont prêts et disposés à mettre en œuvre les moyens nécessaires pour sortir le plus rapidement de cette crise sanitaire. L’Etat sera-t-il enfin au rendez-vous ?