Communiqué d’Aurélia Beigneux, député français au Parlement européen, membre de la commission environnement et de l’intergroupe dédié à la condition animale

Ce 12 février, le Parlement européen a voté un plan d’action pour stopper le commerce illé-gal d’animaux de compagnie. Si l’intention est louable, ces mesures passent, comme d’habi-tude, à côté de l’essentiel.

Alors que 46 000 chats et chiens sont vendus chaque mois au sein de l’Union européenne, nous ne pouvons qu’accueillir favorablement la volonté d’uniformiser l’identification des animaux de compagnie à l’échelle européenne. Il faut cependant garder à l’esprit les nom-breuses disparités entre les nations en matière de définition juridique de la possession ou de manière plus large, de rapport général à l’animal.

Mais en se focalisant uniquement sur les chiens et les chats et se refusant à tout élargisse-ment de la notion d’animaux de compagnie, la Commission européenne ignore tout un pan de la souffrance animale et du trafic qui y est lié, à savoir le trafic d’animaux de compagnie par destination.

Encouragés par les réseaux sociaux, de nombreux délinquants n’hésitent plus à s’afficher en compagnie d’animaux sauvages et exotiques. Tous ces trafics, parmi les plus lucratifs avec le trafic de drogue, sont rendus possibles par la perméabilité des frontières et la faiblesse ju-diciaire et pénale en la matière et chaque mesure prise sans réelle volonté de revenir sur cer-tains fondamentaux européistes sera vaine.

Notre considération générale de la vie animale est à revoir et c’est d’ailleurs tout le sens de la proposition de loi de notre député Bruno Bilde visant à encadrer l’acquisition, l’élevage et la possession d’animaux de compagnie. Là aussi, la réponse va devoir être nationale. At-tendre l’Union européenne, c’est trouver une excuse à des situations face auxquelles nous pouvons d’ores et déjà agir.