Réaction d’André Rougé, Député français au Parlement européen, Délégué National à l’Outre-Mer du Rassemblement National, à la tribune publiée dans Libération du 10 octobre 2019, intitulée « Nouvelle-Calédonie : la France doit réussir sa première décolonisation sans violence » :

Dans une tribune publiée le 10 octobre dans Libération, une centaine de « personnalités », adeptes patentés de la haine de leur propre pays, en appellent à l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie et au rejet hors de la communauté nationale de 300 000 de nos compatriotes, habitant sur ce territoire qui était français avant Nice et la Savoie !

Quelle est leur légitimité ? Ont-ils jamais mis le pied sur le Caillou ? Combien ont déjà pratiqué la coutume pour être accueillis dans une tribu ? Que connaissent-ils de leurs compatriotes néo-calédoniens ? Bien peu de choses sans doute. Mais en réalité, ils s’en moquent. Ils voient le monde à travers le prisme exclusif de la domination : ils défendent systématiquement, par principe, de prétendus dominés face à de supposés dominants. Et ils sont, bien souvent, des idiots utiles au service d’intérêts qui les dépassent. En l’occurrence, de puissances étrangères et de multinationales, ouvertement favorables à l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, avec comme seul objectif de faire main basse sur ses multiples richesses. Qui peut raisonnablement croire que la Nouvelle-Calédonie, privée de la protection de la France, pourrait résister longtemps à de tels appétits ? C’est un calcul bien cynique de jouer ainsi avec le destin d’une population, dans le seul but de soigner les névroses obsessionnelles de quelques « intellectuels » germanopratins hors sol !

La transposition mécanique de cette vision à la Nouvelle-Calédonie prouve leur méconnaissance totale de la situation de nos compatriotes, de leurs aspirations, de l’amour de la France qu’ils n’ont eu de cesse de démontrer depuis que la Nouvelle-Calédonie est une partie intégrante de la France.

Pour notre part, nous nous en tenons strictement aux termes de la Constitution : indivisibilité de la République, respect de la libre décision des électeurs, stricte application des dispositions de l’accord de Nouméa – qui ont valeur constitutionnelle – prévoyant l’organisation de trois référendums successifs sur l’accession de la Nouvelle-Calédonie à l’indépendance. Un premier scrutin d’autodétermination a eu lieu le 4 novembre 2018 : il a vu nos compatriotes néo-calédoniens rejeter massivement l’indépendance.

Le président de la République n’avait alors pas pris parti, estimant que cela « n’était pas de sa responsabilité », alors même qu’aux termes de l’article 5 de la Constitution, il est « le garant de l’intégrité du territoire ». Pour notre part, nous prendrons nos responsabilités : Marine Le Pen et le Rassemblement National s’engageront à nouveau, avec force et avec détermination, aux côtés des néo-calédoniens qui veulent rester Français dans le cadre du deuxième référendum, prévu par l’accord de Nouméa, qui devrait être organisé le 30 août ou le 6 septembre prochain.