Stratégie « De la Ferme à la Table » : Attention danger !

 Communiqué de Joëlle Mélin, Député européen du Groupe Identité & Démocratie

 

Le rapport sur la stratégie « De la Ferme à la Table » a été adopté par les députés des commissions de l’Environnement, de la Santé et de la Sécurité alimentaire (ENVI) et de l’Agriculture  et du Développement rural (AGRI) du Parlement européen ce vendredi 10 septembre (94 voix pour, 20 contre, 10 abstentions).

Il s’agit du volet alimentaire prévu par le « Pacte vert » ou Green Deal.

Le rapport d’initiative conjoint de Anja Hazekamp (La Gauche, néerlandaise) et Herbert Dorfmann (PPE, italien) se veut être une véritable feuille de route, destinée à modifier en profondeur le système de production, de distribution, et de consommation alimentaire de l’UE.

Si certains objectifs – louables au demeurant – énoncés à l’origine et destinés à diminuer la pression des activités agricoles sur l’environnement (comme la réduction de l’utilisation des pesticides, l’augmentation des surfaces agricoles en agriculture biologique, la structuration des filières en circuit-courts…) sont bien présents dans le texte, la délégation française du Groupe Identité et Démocratie (ID) a exprimé ses plus grandes réserves concernant une volonté à peine voilée de faire de facto diminuer les productions et surtout de contraindre les régimes alimentaires pour les consommateurs, avec des outils fallacieux comme le Nutri-score.

En effet, certaines propositions, comme la mise en place de profils nutritionnels ou des régimes sains, mais aussi une forme de stigmatisation de l’élevage au profit de l’alimentation artificielle, nous ont conduits à une attitude plus que prudente en commission sur ces points et par ailleurs très déterminée sur l’avenir de notre l’agriculture et celui des zones rurales.

Car, pour nous, l’objectif majeur, à sanctuariser en priorité, est celui de la souveraineté alimentaire pour l’Union européenne et bien sûr pour la France.

Joëlle Mélin, rapportrice pour le Groupe ID en commission AGRI, a d’ailleurs toujours insisté lors des négociations sur ce dossier, pour que les autres forces politiques engagées dans la discussion gardent à l’esprit que notre priorité, c’est de « garantir – avant toute chose – la disponibilité des denrées alimentaires à des prix raisonnables » tout en « assurant aux exploitants agricoles une vie digne et de justes prix ».

Évidemment, en octobre prochain, lors du vote en plénière, devant le Parlement européen, nous proposerons d’amender ces points litigieux, qui ont motivé notre vote d’abstention.