Communiqué de presse d’André Rougé, Député français au Parlement européen, Délégué national à l’Outre-mer du Rassemblement National

Les États membres de l’Union européenne viennent d’entériner l’accord de principe qui avait été obtenu quelques jours auparavant sur un maintien de l’enveloppe actuelle du POSEI, programme européen visant à soutenir les producteurs agricoles des Régions ultrapériphériques (RUP).

Alors que le montant du POSEI risquait d’être revu à la baisse par la Commission européenne, cette nouvelle est évidemment un soulagement pour tous les agriculteurs concernés, ceux de la France de l’outre-mer, qui se sont très fortement mobilisés ces dernières semaines.

Malheureusement, ce soulagement ne doit pas masquer les incertitudes et l’instabilité que va générer cet accord en trompe-l’œil. Rien n’est réglé si l’on examine de près le mécanisme de financement visant à maintenir le niveau du POSEI. Désormais, l’abondement de cette enveloppe proviendra pour une moitié du fonds de réserve de la Commission européenne et pour une autre moitié d’un prélèvement sur les enveloppes « PAC » de quatre pays : la France, l’Espagne, le Portugal et la Grèce. Cette dotation ne devrait être assurée que

jusqu’en 2022. Qu’adviendra-t-il ensuite après cette date ? Notre pays aura-t-il à prendre à sa charge la partie financée par la réserve ?

L’accord obtenu s’est aussi fait au détriment des agriculteurs d’autres régions puisqu’il y aura une redistribution financière plus importante ponctionnée sur notre enveloppe attribuée par la PAC. Alors que la France contribue au budget européen à hauteur de plus de 25 milliards d’euros, la Commission européenne tente d’économiser quelques millions d’euros en faisant les poches de nos producteurs. Elle ne respecte pas non plus l’article 349 du TFUE qui impose à l’Union de prendre en compte les spécificités économiques et géographiques, notamment du secteur agricole des RUP. Cela est inacceptable !

Il y a fort à craindre que cette victoire crânement revendiquée par le Gouvernement français ne se transforme à terme en une victoire à la Pyrrhus. Pour notre part, nous demeurerons vigilants et déterminés pour défendre l’avenir de nos agriculteurs d’Outre-mer, leurs productions et leurs filières d’excellence.