Communiqué d’André Rougé, député français au Parlement européen

Sébastien Lecornu, ministre des Outre-mer depuis plus d’un an, se souvient tout à coup de l’existence de Mayotte et s’y déplace pour la première fois, à quelques mois de l’élection présidentielle.
Alors que le département, après deux vagues de COVID des plus sévères, est en proie au chaos social, à la submersion migratoire et à la criminalité, il débarque sur l’île avec le projet d’une loi, dont on sait pertinemment qu’elle ne pourra pas être votée avant l’élection présidentielle d’avril prochain et que, de toute façon, elle ne servira strictement à rien sans un rétablissement préalable et volontariste de la sécurité dans l’île.

Démagogie, électoralisme, promesses non tenues : une fois encore ce gouvernement montre son mépris de l’Outre-mer.
Emmanuel Macron, lors de sa visite en octobre 2019 s’était engagé sur l’allongement de la piste, mais rien n’a été lancé, pas même le commencement d’une étude, juste un site internet avec de jolies photos.

En avril dernier, suite aux meurtres de deux lycéens, silence radio : pas un mot du ministre des Outre-mer et à peine une réaction, tardive et du bout des lèvres, de celui de l’Education nationale.
Le projet de loi prétend vouloir le « renforcement de l’État régalien afin de faire face aux défis sécuritaires », mais M. Lecornu aurait déjà été bien inspiré de répondre fermement aux provocations du gouverneur d’Anjouan qui avait invité ses compatriotes comoriens à « débarquer par milliers à Mayotte » avant de tenter de bloquer les reconduites à la frontière de ses compatriotes comoriens en situation illégale.

Bref, le nouveau Président du Conseil départemental de l’Eure a visiblement passé plus de temps à assurer son propre avenir normand qu’à remplir sa mission de Ministre. Au détriment de l’Outre-mer en général et de Mayotte en particulier. Et cette visite à quelques mois de l’élection présidentielle n’y changera rien.