Communiqué de presse de Sébastien Chenu, Député du Nord

Une étude menée par des chercheurs des universités de Toulouse et de Londres démontre que les patients avaient raison : les effets des deux formules du Levothyrox ne sont pas équivalents chez tous les individus. Près de 60% des patients ne réagissent pas de la même manière aux deux versions du médicament.

Pour commercialiser la nouvelle formule de Levothyrox, le laboratoire Merck a procédé à un essai dit de « bioéquivalence moyenne » visant à s’assurer que les deux formules avaient un effet identique. Cette étude démontre que la bioéquivalence fournie par le laboratoire Merck n’a pas pris suffisamment en compte les variations individuelles sur chaque individu. Ces variations seraient ainsi responsables des effets secondaires ressentis par près de 30 000 patients.

En 2017, la mise sur le marché de la nouvelle formule de Levothyrox n’a pas été à la hauteur des enjeux de santé publique. Alors que de nombreux patients faisaient état de lourds effets secondaires induits par la nouvelle version du médicament, ces effets indésirables ont été minimisés par les autorités.

Le 15 septembre 2017, Mme le Ministre Buzyn déclarait qu’« Il n’y a pas de scandale » et accusait « un sentiment permanent de complotisme » alimenté par les réseaux sociaux, admettant tout au plus « une crise liée à un défaut d’information. »

Le 29 septembre 2017, alerté par de nombreux témoignages, je déposais à l’Assemblée nationale une proposition de résolution demandant la mise en place d’une commission d’enquête chargée de dresser le bilan de la gestion de la commercialisation du Levothyrox. Le 04 octobre 2017, une mission d’information flash a été décidée par la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale.
Le rapport rendu public le 31 octobre 2017 a conclu « qu’il n’y a pas de crise sanitaire, mais une crise médiatique, autour de la nouvelle formule de Lévothyrox. »

Aujourd’hui nous avons la preuve d’être face à un scandale sanitaire et que les souffrances des patients n’étaient pas feintes. Face à un scandale sanitaire inédit depuis l’affaire du sang contaminé, la ministre de la santé Mme Agnès Buzyn a fait preuve d’une négligence coupable teintée d’une arrogance certaine en minimisant les souffrances des patients et en niant les effets secondaires sévères de la nouvelle formule du Lévothyrox.