Communiqué de Gilles Lebreton, député français au Parlement Européen

Ce 12 janvier 2021 sont entrées en vigueur les nouvelles surtaxes de 25% sur les vins et spiritueux, annoncées en décembre dernier par l’administration américaine. Elles frappent particulièrement le cognac – très apprécié outre-atlantique – et le vin en vrac, et complètent les mesures douanières déjà prises en 2019 contre la plupart des vins européens embouteillés.

Alors que la fermeture des cafés et restaurants a fait chuter les ventes de vin, ces sanctions résonnent comme un coup de grâce pour les viticulteurs français. À court terme, c’est un manque à gagner d’un milliard d’euros qui est attendu pour le secteur. À long terme c’est une part de marché considérable qui risque d’être définitivement perdue pour les vins européens.

Cette perspective dramatique aurait pourtant pu être évitée. Elle est le résultat de l’échec de 15 ans de négociations entre l’Union européenne et les États-Unis sur le règlement du conflit aéronautique opposant Airbus à Boeing, bien éloigné de ceux qui en subissent aujourd’hui les conséquences. Les agriculteurs sont une fois encore les victimes collatérales d’un conflit qui leur est étranger.

Il appartient désormais à la Commission de Bruxelles de réparer les conséquences de son incompétence. Au Parlement européen je réclame sans succès la mise en place d’un fonds de compensation depuis de nombreux mois. Il est en effet urgent de débloquer tous les crédits disponibles, comme ceux de la réserve de crise, pour permettre au secteur de faire face.

À travers cette guerre commerciale entretenue par les dirigeants européens, c’est la France qui est directement visée. Je me battrai pour que les conséquences pour nos viticulteurs soient les moins graves possibles, et pour exhorter la Commission de Bruxelles à persuader la nouvelle administration Biden de revenir rapidement sur cette funeste décision.