Communiqué de presse de Marine Le Pen

Durant une heure ce matin, le président de la République a tour à tour enfilé généralités, bonnes intentions, approximations et mensonges éhontés.

Il s’est pourtant bien gardé d’expliquer que son grand projet de “PAC ambitieuse” est en totale opposition avec la réforme actuelle portée par Berlin et Bruxelles, qui vise à transférer plusieurs milliards d’aides agricoles vers un budget dédié à la gestion des flux migratoires.

Il ne s’est pas non plus vanté de l’alliance que son parti négocie en vue des élections européennes avec les libéraux du Parlement européens (ALDE), qui est le groupe politique le plus favorable à la baisse du budget de la PAC…

Il a complètement oublié de rappeler que la négociation des traités commerciaux avec les pays tiers ne relève pas plus de ses prérogatives que du périmètre de la PAC, mais uniquement de celui de la Commission européenne. Ces traités, ont de longue date, avalisé les différences de normes des produits importés des pays tiers (en particulier quant aux résidus de pesticides autorisés).

Il a balayé d’un revers de la main les problèmes de dumping social entre pays membres de l’UE, ainsi que le total naufrage de son projet de réforme de la directive sur les travailleurs détachés. On continuera encore longtemps à travailler pour moins de 7 euros de l’heure dans les abattoirs et les fermes allemandes, et pour 40 euros la journée dans les serres espagnoles…

Il ne s’est pas non plus fait écho des doutes grandissants des producteurs et de leurs représentants en ce qui concerne Egalim, cette loi étrange qui garantit les marges de la grande distribution mais n’oblige personne à mieux payer les producteurs.

Il n’a même pas été capable, en évoquant le multilatéralisme, d’en définir le périmètre souhaitable : voulait-il parler des accords de libre-échange négociés par l’UE, des partenariats avec les pays tiers les plus proches, des règles de l’OMC ou encore des pays qui, comme les Etats-Unis, ont décidé de prendre leurs distances avec ces règles afin de renforcer leurs politiques agricoles…

Il n’a pas évoqué, concernant le renouvellement des générations, l’absence de rentabilité des fermes françaises qui condamne la plupart d’entre elles à n’être pas reprises, et oblige les jeunes repreneurs à travailler gratuitement, ou presque, afin d’amortir des investissements de plus en plus lourds…

Fidèle à lui-même, Emmanuel Macron n’a, par contre, pas oublié de rappeler à quel point il prend les agriculteurs pour des arriérés, lorsqu’il est longuement revenu sur sa non-gestion de l’affaire du glyphosate. La plateforme gouvernementale dédiée, seule mesure concrète réalisée, est une insulte à l’ensemble de la profession, dont de nombreux acteurs sont présents sur internet depuis deux décennies et n’ont heureusement pas attendu le prophète de la start-up nation pour faire évoluer leurs pratiques.

Fidèle à lui-même, il n’a pu s’empêcher de remettre sur le dos des Français et de leurs agriculteurs la responsabilité d’un désastre économique qui est pourtant celui des gouvernements Sarkozy et Hollande, dont les membres composent aujourd’hui le gros de ses troupes. Eh oui, Monsieur le président, si l’agriculture française va si mal, c’est d’abord parce que les politiques qui en ont la charge ne font pas leur boulot !