Communiqué de Jordan Bardella, député français au Parlement européen, vice-président du Rassemblement national

Interrogé sur Europe 1, Thierry Breton, nouveau commissaire au marché intérieur au sein de la Commission von der Leyen, a affirmé que la réforme des retraites du gouvernement français était perçue comme « nécessaire » à Bruxelles, ajoutant « on espère qu’on saura trouver les moyens de la mener à son terme ».

Il n’aura donc pas fallu longtemps avant que la Commission européenne ne se dévoile : cette réforme des retraites, qui inquiète légitimement des millions de Français qui vont y perdre en devant travailler plus pour gagner moins, est une exigence européenne idéologique que le gouvernement français ne fait qu’appliquer servilement, en la présentant comme une nécessité et une évidence économiques.

En 2013, dans sa série de recommandations économiques annuelles, la Commission recommandait à Paris « d’adapter les règles d’indexation, les âges minimums et de taux plein, la période de contribution et les régimes spéciaux ». « L’heure des réformes courageuses a sonné » tonnait alors le commissaire finlandais aux affaires économiques et monétaires Olli Rehn. José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, ajoutait « c’est un message d’exigence ».

Dans leurs recommandations économiques pour la France de juillet 2019, la Commission et le Conseil de l’UE s’impatientaient : « La France doit uniformiser progressivement les règles des différents régimes de retraite pour renforcer l’équité et la soutenabilité de ces régimes ».

Ainsi, une nouvelle fois, alors que nous « fêtons » les dix ans de l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne, le gouvernement s’apprête à imposer aux Français une réforme dont ils ne veulent pas, imposée par une Commission européenne toute-puissante.

En cette nouvelle journée de mobilisations et de grèves, et après plusieurs jours de difficultés pour beaucoup de Français, Emmanuel Macron a la possibilité de débloquer le pays, d’apaiser les tensions, et de faire un geste en faveur de la démocratie : donner la parole au peuple français, plus légitime pour décider de son avenir qu’une poignée de commissaires européens, et organiser un référendum sur cette réforme des retraites !