Communiqué d’André Rougé, député français au Parlement européen

Le Sénat vient de rejeter un amendement LREM, soutenu par le gouvernement, instaurant une taxe additionnelle à la taxe d’embarquement, en Guadeloupe et Martinique, afin de financer le traitement des algues sargasses.

Le produit de cette taxe aurait été affecté aux communes de Guadeloupe et de Martinique, pour couvrir leurs charges d’enlèvement et de traitement de ces algues.

La plupart des élus ultra-marins se sont opposés à cette taxe, estimant que celle-ci pénaliserait en premier lieu nos compatriotes antillais.

En réalité, cette idée constituait une bien mauvaise réponse à une bonne question : que fait l’État pour aider les collectivités locales de Guadeloupe et de Martinique dans le ramassage et le traitement des Algues Sargasses ?

Les propos du Premier ministre à l’issue de la conférence internationale sur les Sargasses en octobre dernier restent flous et démontrent en tout état de cause que l’État n’a pas pris la mesure de l’urgence de la situation et des nuisances qui pèsent sur la vie quotidienne de nos compatriotes antillais.

C’est à l’État qu’il appartient de déployer les moyens financiers adéquats pour permettre aux collectivités locales antillaises de faire face à la situation résultant de la prolifération des algues Sargasses : en débloquant immédiatement des crédits supplémentaires, sans accroître la pression fiscale pesant sur nos compatriotes guadeloupéens et martiniquais.

L’État avait su mobiliser à juste titre les ressources idoines pour contenir la prolifération des algues vertes en Bretagne à la fin des années 2000 ; il est resté passif face à la prolifération des sargasses et doit enfin se montrer à la hauteur de cet enjeu. Les Antillais doivent, à l’instar des Bretons, bénéficier de la solidarité nationale.