Communiqué d’André Rougé, Député Européen, Délégué national à l’Outre-mer du Rassemblement National

Dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances 2021, le Gouvernement a fait voter vendredi, en catimini, un amendement visant à réviser rétroactivement les prix garantis de l’électricité solaire produite par des centrales photovoltaïques de plus de 250 Kw.

Si cette disposition peut légitimement se poser en métropole où de nombreux abus existent et où l’énergie nucléaire devrait être le pilier central de notre politique énergétique, il n’en va pas de même en Outre-mer.

Les conditions climatiques, géographiques et économiques font du secteur photovoltaïque un chainon essentiel de la fourniture locale d’énergie. L’insularité, l’absence d’un marché concurrentiel, l’impossibilité de se raccorder à un réseau intégré comme en métropole rendent nécessaires d’importants investissements en matière d’équipements solaires avec une politique de prix garantis adaptés à l’Outre-mer pour qu’ils soient rentables. Il ne s’agit bien évidemment pas d’assurer une rente à certains opérateurs, mais de favoriser le mix énergétique local et environnemental le plus approprié.

Le Gouvernement a certes fait adopter une mesure particulière pour l’Outre-mer prévoyant une étude des dossiers au cas par cas par la Commission de régulation de l’énergie. Cette

incertitude aura des conséquences désastreuses pour la confiance des investisseurs. Les contentieux risquent de se multiplier. Certaines banques envisagent déjà de ne plus financer certains nouveaux projets. A terme, en affaiblissant la filière photovoltaïque, c’est l’indépendance de l’approvisionnement électrique de l’Outre-mer qui va être mise en cause par une décision de Bercy dictée par des économies budgétaires à courte vue.

Par cette mauvaise décision, le Gouvernement montre malheureusement en matière énergétique, comme dans bien d’autres domaines, qu’il ne prend pas en compte les réalités et les besoins de la France de l’Outre-mer.