Un mois à peine après une augmentation des tarifs du gaz (+3,5%) faisant suite à celle de 4,7% en octobre 2020, la Commission de régulation de l’énergie a annoncé une augmentation de 5,7% des tarifs à partir du 1er mars.

Pour 3,34 millions de Français, cette énième augmentation qui concerne aussi bien les consommateurs utilisant le gaz pour la cuisson, l’eau chaude et pour le chauffage, va impacter fortement leur pouvoir d’achat au moment où ils se débattent dans une crise économique et sociale inhérente à la pandémie de la Covid-19.
Quelles que soient les causes extérieures avancées par la CRE pour justifier cette envolée des tarifs (vague de froid sur le continent asiatique, augmentation du prix du pétrole, fort recours aux stocks européens), c’est un nouveau coup dur pour des millions de Français qui subissent une perte de revenus conséquents en raison des mesures liées au confinement, au couvre-feu et à la mise à l’arrêt de secteurs professionnels.

Plus inquiétant, derrière cette nouvelle hausse du prix du gaz, se profile la suppression pure et simple des tarifs réglementés d’ici à 2023, jugés contraires au droit de l’Union européenne sur l’établissement des marchés concurrentiels.
Les tarifs réglementés sont pourtant un outil précieux pour maintenir un prix plafond et ainsi dissuader les opérateurs d’augmenter leurs tarifs à des niveaux prohibitifs. C’est un garde-fou indispensable pour préserver un marché de l’énergie équilibré et conforme aux intérêts des consommateurs.

L’énergie n’est pas un bien de consommation comme un autre, mais bien la condition d’une vie digne pour chaque foyer français et doit à ce titre être préservée de la dérégulation sauvage toute comme des affres de l’ultralibéralisme.