Communiqué de Bruno Bilde, Député du Pas-de-Calai

Le candidat Emmanuel Macron a profité de ses trois jours de campagne officieuse à Marseille pour dégainer le carnet de chèques et tambouriner sur la grosse caisse à promesses au slogan de « Ici c’est Marseille ! ». Avec les mêmes mots prononcés depuis des années, tout le monde a été gratifié : police, écoles, transports, sans oublier les quartiers inexorablement prioritaires pour capter la manne publique de l’inépuisable politique de la ville.

Au cours d’une visite, le chef de l’État a été interpelé par un éducateur phocéen qui lui a tenu un discours dicté par le bon sens : « Apparemment vous allez débloquer des fonds pour ces quartiers sensibles, il faudrait une traçabilité de tout ça. » En bref, à quoi servent donc les milliards d’euros dépensés et les investissements de la collectivité depuis près de 40 ans ?

Force est de constater que la traçabilité, l’utilité publique, l’intérêt général, le retour sur investissement sont des notions qui ne figurent pas dans les options de cette coûteuse exception française qu’est la politique de la ville. Que font concrètement les associations qui reçoivent des subventions ? A quoi servent les médiateurs recrutés pour assurer la cohésion sociale ? Les projets “culturels” et “festifs” financés respectent-ils les lois, les valeurs et les principes de la République ?

Depuis 2007 et jusqu’à l’année dernière, la Cour des comptes alerte dans ses rapports sur les échecs et les dérives de ce monumental fiasco public. La juridiction financière met notamment en lumière l’empilement de dispositifs illisibles, le manque de clarté, l’absence de stratégies communes et d’outils d’évaluation efficace. Cette politique de la ville, sans cesse dénoncée, mais jamais abandonnée, coûterait au moins 10 milliards d’euros par an au contribuable avec pour seuls résultats : l’explosion de la criminalité, la généralisation du trafic de drogue, la banalisation du communautarisme et l’enracinement de l’islam radical.

Au regard de l’incendie qui embrase de très nombreux quartiers devenus des zones d’un autre droit, un moratoire doit être décrété sur ce gaspillage d’argent public et ses conséquences. Les moyens humains et les financiers doivent être dédiés exclusivement à la reconquête de ces territoires perdus et au retour de la sécurité pour les habitants.