Communiqué de presse de Frédéric Boccaletti, Président du groupe RN au Conseil Régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur

1,4 milliard d’euros. C’est le montant promis en début de semaine par Renaud Muselier « en réponse à la crise sanitaire et économique » liée au Covid-19.

Jusqu’à présent, la communication institutionnelle de l’exécutif régional avait été globalement à la hauteur des enjeux. Mais tel n’est pas le cas de cette annonce qui s’apparente cette fois à un coup de com comme sait si bien le faire l’exécutif régional.

Nous soutenons sans réserve les mesures prises qui concernent directement l’action régionale : ouverture du CREPS de Boulouris, aide au rapatriement des étudiants, subventions diverses aux associations … Mais nous appelons aussi à une certaine mesure dans les déclarations. Un certain sens des responsabilités.

Notre groupe s’interroge sur cette méthode qui consiste à mélanger ce qui est directement lié à la gestion immédiate de l’épidémie avec les programmes pluriannuels régionaux. Ce qui relève de l’accessoire avec ce qui est simplement du ressort des compétences régionales. De ce qui est fait et dépensé par l’État avec ce qui est réellement engagé par la région.

Dans ce fameux « Plan Marshall » comme ose l’appeler désormais Renaud Muselier, nous retrouvons 762 millions d’euros pour de l’acquisition de matériel, des rénovations, la modernisation des infrastructures qui ont déjà été votées en 2019.

De même, on retrouve 100 millions d’euros pour le programme « Autoroute du quotidien », décision qui a déjà été votée l’année dernière. La modernisation des Lycées (50 millions d’euros) fait déjà partie des décisions qui ont été aussi actées et accomplies les années précédentes.

On peut aussi parler du volet « Urgence Entreprise » pour 65 millions d’euros…avec 47 millions d’euros qui concerne la totalité annuelle des différentes aides régionales aux entreprises.

Ce fameux plan ne fait donc pas que reprendre des dépenses engagées. Il renomme aussi sous un nouveau label des dispositifs déjà existants. Les FRAT (Fond régional d’action territorial) judicieusement renommées « FRAT Covid » sont mis en œuvre depuis le début de la mandature. Idem pour les CRET (Contrat régional d’équilibre territorial) la aussi frappés du sceau « CRET Covid » avec une « réévaluation des priorités nouvelles de chaque territoire ». Si les Intercommunalités doivent réévaluer tous les ans leurs priorités alors qu’il s’agit d’investissement de long-terme cela risque encore plus de fragiliser l’action communale.

Si Renaud Muselier souhaite plus communiquer sur l’action régionale, qu’il le fasse, mais pas sous couvert de la crise sanitaire et économique que nous sommes en train de vivre. Nous continuerons de soutenir les décisions qui sont directement liées à cette crise du Covid-19, mais nous refusons toute instrumentalisation de l’action régionale au bénéfice de la communication du Président de la Région.