Communiqué de Jordan Bardella, vice-président du Rassemblement national, député français au Parlement Européen

Installé à Mérignac en Gironde, à la pointe des technologies de photo-détection, le groupe français Photonis est en passe de tomber entre les mains de fonds d’investissement américains suite à la vente de ses parts par Ardian, un fonds français.

Cette éventualité fait écho à la longue liste de nos victimes industrielles, et notamment de Latécoère, autre fleuron technologique civil et militaire désormais contrôlé à 90% par le fonds américain Searchlight. S’il n’est ni possible ni même souhaitable d’empêcher tout investisseur étranger de remonter au capital de nos entreprises, il n’est cependant plus tolérable que nos actifs stratégiques soient abandonnés de la sorte dans l’indifférence la plus totale hormis une poignée de députés conscients de l’enjeu.

Photonis travaille étroitement avec nos forces spéciales, ses compétences en matière d’optronique sont jalousées dans le monde entier, et d’abord en Amérique. Il est urgent que l’État français et ses dirigeants se défassent de leur naïveté commerciale et stratégique : élargissons la portée de la loi sur les investissements étrangers pour y inclure la totalité de nos compétences et de nos technologies ayant un apport pour notre défense nationale. Dans l’attente de l’entrée en vigueur courant 2020 du décret annoncé par le gouvernement qui doit renforcer nos dispositifs de contrôle, l’État doit empêcher toute OPA dans le domaine, y compris celles présentées comme « amicales » alors qu’elles sont dans les faits une prise de contrôle.

Déjà inaugurée en grande pompe sous le quinquennat de François Hollande lorsqu’Emmanuel Macron participait à la vente d’Alstom aux Américains de General Electric, la « Grande braderie » du patrimoine industriel des Français à laquelle se livre le gouvernement doit prendre fin.