Communiqué de Jérôme Rivière, député européen, Louis Aliot, député des Pyrénées-Orientales, et Nicolas Meizonnet, député du Gard

« Nous avons fini par penser, dans les années 90 et 2000, que l’Europe était devenue un gros marché, confortable, théâtre d’influence et de prédation à tout-va (…) Funeste erreur ! Nous devons pour ces infrastructures critiques, retrouver, au niveau européen, une vraie politique de souveraineté ! », a déclaré Emmanuel Macron à l’Ecole de Guerre. De beaux mots que l’on pourrait faire nôtres s’ils n’étaient pas frappés du sceau de l’hypocrisie et de l’impuissance ; car, « en même temps », Emmanuel Macron laisse la PME Photonis être rachetée par un groupe américain. Oui, la France n’arrive plus à protéger ses entreprises innovantes, même quand elles sont directement liées à ses intérêts les plus élémentaires : ceux de la défense militaire du territoire.

Photonis est pourtant le numéro un mondial dans la conception, le développement et la fabrication de composants destinés à détecter de faibles niveaux de lumière ou de rayonnement, dans les domaines de l’industrie, des sciences, du médical et de la vision nocturne. Des technologies qui sont aujourd’hui indispensables à nos armées. Des technologies qui sont conçues en France. Que font donc Matignon, le ministère des Armées ou le ministère de l’Economie ? Si Edouard Philippe a annoncé l’entrée en vigueur d’un décret censé rendre plus difficile la prise de possession étrangère d’entreprises stratégiques pour le 1er juillet prochain, les repreneurs américains savent qu’ils ont tout loisir d’agir pour s’approprier Photonis durant ce délai. Quand ils ne l’ont pas déjà fait avant, à l’image de Latécoère repris par le fonds d’investissement américain Searchlight.

Nos entreprises « premières de cordée » sont les cibles d’une guerre économique dont nous ne maîtrisons pas les aspects les plus simples, à commencer par ses règles. En conséquence, nous demandons à la banque publique Bpifrance de jouer son rôle protecteur et de prendre position dans ce dossier, ou à défaut, que l’Etat décide de la nationalisation temporaire de Photonis en attendant que des investisseurs français soient en mesure de reprendre. Il faut agir.