Communiqué de Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national

Ainsi, nos bars et restaurants ne pourront pas rouvrir avant la mi-février, et ce dans le meilleur des cas. Nos hôtels tournent au ralenti. Après les divers évènements, manifestations et grèves qui ont affecté leur activité depuis plus de deux ans, après les confinements, couvre-feux et fermetures d’établissements, les perspectives de troisième vague épidémique imposent aujourd’hui la mise en oeuvre d’un soutien structurel du secteur et non plus conjoncturel. Deux établissements sur trois risquent en effet de disparaître dès cette année si rien n’est fait.

PGE (prêts garantis par l’Etat), fonds de solidarité, chômage partiel, reports de charges et autres délices technocratiques, qui ont à l’évidence constitué une forme de palliatif utile dans l’urgence, ne sont désormais plus suffisants pour sauver le secteur de l’hôtellerie-restauration. Il convient de faire évoluer ces dispositifs vers l’objectif d’une réouverture des bars et des restaurants sur des bases économiques réellement solides, lorsque la situation sanitaire le permettra. Ceci concerne aussi l’hôtellerie, dangereusement en dessous de son équilibre d’exploitation.

Je préconise donc une approche favorisant à terme une reprise d’activité de nos bars, hôtels et restaurants sur des bases saines, en apportant entreprise par entreprise les moyens financiers pertinents assurant trois ans pleins de redéveloppement. Il s’agit de mettre à disposition un cocktail de fonds propres, dotations budgétaires et prêts garantis qui soit adapté à chaque situation avec une perspective longue. Il convient en particulier de savoir ne pas charger la barque de l’entreprise en termes de remboursements futurs, pour éviter le cercle vicieux de la dette privée déconnectée des conditions effectives d’exploitation.

Mettons ainsi à profit la période de deux mois avant réouverture potentielle des établissements pour expérimenter ce dispositif sectoriel, avec un guichet départemental unique mobilisant les différentes institutions bancaires et financières, sous l’égide des délégations départementales de la Banque de France et l’appui des organismes professionnels. Les caractéristiques techniques et économiques de la réussite dans le domaine de l’hôtellerie-restauration sont bien connues, ce qui permettra « d’ automatiser » les soutiens opérationnels mis en place auprès de chaque entreprise, petite, moyenne ou grande. Profitons-en pour éviter tout processus bureaucratique et faisons confiance aux professionnels. Ce dispositif sectoriel, s’il fonctionne bien, pourra le cas échéant être étendu ensuite à d’autres secteurs (évènementiel, culture, sport). Nous devons collectivement innover et nous mobiliser, avec une logique d’investissement de long terme de la nation.

L’enjeu dépasse enfin la stricte économie. La France, c’est aussi une gastronomie inscrite au patrimoine immatériel mondial, la première destination touristique ainsi qu’un mode de vie, des traditions et une culture où le partage et la convivialité sont au coeur de l’esprit citoyen. Donnons-nous les moyens pour que nos bars, hôtels et restaurants continuent à contribuer à notre bien commun.