Communiqué de Sébastien Chenu, député du Nord

La pénurie de médicaments, en augmentation exponentielle depuis dix ans, est un sujet majeur de santé publique en France et un enjeu de souveraineté sanitaire. Les pénuries ont été multipliées par 20 entre 2008 et 2018, plus d’un Français sur quatre a déjà eu des difficultés à se procurer un médicament courant. Désormais, les ruptures d’approvisionnement sont un problème récurrent pour 92% des pharmaciens.

Les conséquences pour les patients sont multiples : stress, anxiété, augmentation des symptômes allant jusqu’à l’hospitalisation d’urgence.Pour le système de santé, cette situation de pénurie augmente les coûts de gestion avec des hospitalisations qui auraient pu être évitées ainsi que les coûts de substitution lorsque l’utilisation d’un autre médicament compatible est possible.

Malgré l’urgence de la situation et les alertes récurrentes des professionnels de santé adressées au gouvernement, aucun plan d’action n’a encore été mis en place. Pourtant, les causes de cette crise du médicament sont connues et des solutions efficaces existent.Alors que la France était pionnière en matière de production de médicaments, certaines molécules de base comme l’ibuprofène et le paracétamol sont aujourd’hui préparées à 100% en Chine ou en Inde.
Les industriels du secteur ne fabriquant qu’en flux tendus pour maximiser les profits, le moindre dysfonctionnement dans le processus de fabrication et de distribution entraîne des pénuries dans les officines françaises.

Cette dépendance vis-à-vis de la Chine ou de l’Inde pose la question de la souveraineté sanitaire de la France.
Ainsi, il est urgent d’envisager des solutions concrètes pour que nous puissions produire certains médicaments essentiels sans être dépendant des grands laboratoires.Les groupes hospitaliers de territoire ou la pharmacie centrale de l’armée disposent des moyens humains et des compétences nécessaires à la production de certaines molécules stratégiques.

La mise en place de mesures incitatives en direction des laboratoires, comme la diminution des taxes à condition qu’ils fabriquent sur le territoire national permettra, en parallèle de dispositifs contraignants, de relocaliser la production de médicaments sur le territoire national.Enfin, la constitution de stocks stratégiques pour certains médicaments permettra de pallier les déficiences des grossistes-distributeurs qui seront sanctionnés financièrement en cas de manquements avérés.

Le professionnalisme des professionnels de santé permet jusqu’à présent d’éviter que la pénurie de médicaments ne se transforme en dramatique scandale sanitaire. Le gouvernement doit cesser son immobilisme coupable et prendre en compte le cri d’alarme des professionnels de santé et des patients qui subissent cette pénurie de médicaments.