Communiqué de Jordan Bardella, vice-président du Rassemblement National, député français au Parlement européen

Après un rapport de la Cour des Comptes pointant il y a quelques mois des « lacunes » dans la lutte contre les fraudes au travail détaché, Muriel Pénicaud, Ministre du Travail, a annoncé ce lundi un plan national de lutte contre le travail illégal, comprenant un volet sur le travail détaché, et s’est déclarée « intraitable » dans ce combat.

Si l’intensification récente et à venir de la lutte contre les fraudes, avec le doublement des interventions de l’Inspection du travail, est bien entendu louable, le travail détaché augmente année après année : +20% en 2018, après une explosion de 46% en 2017, pour s’établir à 588.128 salariés déclarés détachés !

La plus grande facilité à déclarer, la répression accrue contre l’absence de déclaration, ou encore le manque de main d’œuvre dans certains secteurs, explications avancées par le ministère, ne suffisent pas à justifier cette hausse spectaculaire. Le travail détaché continue d’organiser une concurrence déloyale au sein de l’UE, et les prétendues « améliorations » de la directive européenne de juin 2018 ne règlent pas la question cruciale des charges sociales payées dans le pays d’origine.

La communication du gouvernement ne changera rien au scandale du travail détaché au sein de l’Union européenne, qui perdure et s’aggrave : c’est son principe qu’il faut supprimer, et la directive détachement des travailleurs qu’il faut purement et simplement abroger.