Communiqué de Mathilde Androuet, députée européen, membre de la  Délégation pour les relations avec les pays de l’Asie du Sud-Est et l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE),

 

Après l’annonce par le gouvernement australien le 15 septembre de l’annulation, particulièrement déloyale et au profit de Washington, du contrat négocié depuis 2016 pour l’achat de 12 sous-marins français, notre pays était en droit d’attendre la   manifestation de cette « solidarité européenne » tant vantée par les européistes.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a certes dénoncé la « manière inacceptable » dont a été traité Paris dans cette affaire, et Charles Michel, président du Conseil européen des chefs d’État et de gouvernement, a souligné le « manque de loyauté » des États-Unis.

Pour autant, et au-delà même de la question centrale et récurrente de l’incapacité et/ou de l’absence de volonté européenne de s’affranchir de la tutelle américaine, il ne s’agit pas de se payer de mots. Or, le 16 septembre, au lendemain de ce coup   infligé à l’industrie française de haute technologie, une « communication » du Haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, distillait le doute sur la volonté de Bruxelles de défendre réellement les intérêts de nos nations européennes. Dans ce texte abordant « La stratégie de l’UE pour la coopération dans la région indo-pacifique », il est ainsi affirmé que « L’Union européenne s’efforcera de conclure des accords commerciaux avec l’Australie ».

Les institutions européennes se doivent d’être un rempart pour les nations qui la composent. Aussi, l’accord de libre-échange que l’Union européenne négocie depuis 2018 selon les vœux de Canberra, ne peut être mené à terme en l’état. Aux récriminations régulièrement portées sur ces accords commerciaux antiécologiques et souvent contraires aux intérêts économiques des nations européennes, s’ajouterait le récent irrespect de l’Australie à l’égard de la France, membre fondateur de l’Union européenne devant en assurer la présidence très prochainement.

Il apparaît en effet primordial pour la France, comme plus largement pour nos nations européennes, de réaffirmer le respect des contrats comme préalable à toutes relations commerciales avec des pays tiers.  A défaut, l’image de l’Europe, déjà singulièrement abîmée et menacée de déclassement face à des puissances rivales, n’en serait que davantage ternie.