Communiqué de Jordan Bardella, vice-président du Rassemblement national, député français au Parlement européen

Ce mercredi 13 mai sera examinée en dernière lecture à l’Assemblée nationale la « loi Avia » qui, sous prétexte d’une nécessaire lutte contre les contenus illicites sur Internet, menace gravement la liberté d’expression dans notre pays et s’inscrit dans la droite ligne liberticide de la « loi anti fake-news».

Dans les faits, l’obligation de retrait de tout contenu « manifestement illicite » en 24 heures sous peine de fortes amendes aura pour effet prévisible la censure automatique et a priori des contenus par les plateformes, anticipant les signalements, sans que la Justice ne puisse juger du caractère effectivement illicite ou non. La liberté d’expression et le débat public français seront mis ainsi entre les mains de plateformes privées et basées pour l’essentiel à l’étranger, à qui l’Etat délèguera de fait un véritable pouvoir de police de l’opinion.

La loi Avia fait la quasi-unanimité contre elle : acteurs du numérique, associations, Conseil national du numérique, de nombreux députés et sénateurs, en témoigne son long et sinueux parcours parlementaire… Même la Commission européenne, pourtant rarement en pointe en matière démocratique, s’est inquiétée dans ses observations adressées fin novembre des risques d’atteintes à la liberté d’expression contenus dans cette loi !

En examinant cet ultime texte en pleine crise sanitaire et économique, après un simple report de quelques semaines, la macronie dévoile ses véritables priorités : affaiblir la liberté d’expression en France, museler les réseaux sociaux.

Réseaux sociaux qui ont pourtant démontré ces derniers mois leur grande utilité, que ce soit pour que les Français prennent conscience de la réalité des émeutes qui ont éclaté dans certains quartiers, du véritable confinement à deux vitesses et du laxisme d’Etat, ou encore des contradictions et revirements dans le discours du gouvernement durant la gestion de l’épidémie. Ceci explique peut-être d’ailleurs l’urgence avec laquelle la majorité présidentielle compte faire adopter ce texte !

Un sursaut est encore envisageable à l’Assemblée nationale : les députés ont la possibilité de rejeter purement et simplement ce texte extrêmement dangereux pour les libertés publiques et le débat démocratique.