Communiqué de presse de Mathilde Androuët, député français au Parlement européen

Après la Chine, l’Indonésie et les Philippines ces derniers mois, la Malaisie a renvoyé en début de semaine vers leurs pays d’origine (dont la France) et à leurs frais, près de 3800 tonnes de déchets plastiques illégaux. Le constat est implacable: les nations du Sud-est asiatique qui accueillaient les poubelles occidentales sont arrivées à saturation de leur capacité de recyclage et les opinions publiques sont de plus en plus rétives à ce trafic.

Une analyse lucide de cette situation impose de remonter aux causes. Elles ne sont pas seulement à chercher du côté d’un certain consumérisme débridé qui n’est pas l’apanage de l’Occident, mais aussi des pays en rapide voie de développement. C’est ainsi que 2,16 milliards d’Asiatiques auront intégré la classe moyenne en 2020, avec les conséquences que cette augmentation du niveau de vie induit sur les modes de consommation et, in fine, sur l’environnement. Mais le problème réside aussi dans la doctrine ultra libre-échangiste qui est tout à la fois un accélérateur et un vecteur de pollution.

L’Etat malaisien en est, lui, pleinement conscient puisqu’il a décidé pour lutter contre l’invasion des déchets de réinstaurer un contrôle douanier jusqu’alors largement battu en brèche par les traités de libre-échange

Sous nos latitudes, le libre-échangisme, principe fondateur et religion de l’Europe de Bruxelles, ne détruit pas seulement nos emplois, il saccage aussi notre environnement. Les faits sont têtus : on ne peut célébrer comme une avancée la « mondialisation des échanges », la « civilisation des porte-containers » multipliant les traversées avec les composants d’un même produit et proclamer l’avènement d’un pseudo « green deal ». On ne peut militer pour l’abaissement des « barrières » (frontières) nationales, défendre des traités comme le CETA et le Mercosur et se proclamer champion de la défense de l’environnement.

Certes, il ne se trouve plus grand monde aujourd’hui pour contester la nécessité de retraiter sur place nos déchets, de promouvoir le localisme, les circuits courts, « autochtones » de consommation. Pour autant, ceux qui emboitent le pas du RN sur ces sujets seraient bien inspirés de faire preuve de cohérence. Ce modèle économique et écologique à défendre est intrinsèquement tributaire de la mise en place d’un protectionnisme intelligent, du rétablissement des frontières de l’UE, du refus des diktats du laisser-faire, du laisser passer qui sont l’apanage du vieux monde macronien.