Le 9 novembre dernier, j’alertais déjà sur le danger d’une captation du plan de modernisation des abattoirs par les acteurs dominants de la filière.

Ce danger semble se concrétiser puisque les plus puissants abattoirs exigent du gouvernement que le plan de modernisation ne soit pas utilisé pour créer des abattoirs locaux de proximité ou des abattoirs mobiles. Les grands abattoirs voient en effet d’un mauvais œil l’arrivée de concurrents sur ce qu’ils considèrent comme étant leur chasse gardée.

En d’autres termes, dans ce plan de modernisation, les grands abattoirs veulent bien du plan, c’est-à-dire de l’argent, mais pas de la modernisation !

Selon eux, ce plan serait trop orienté vers le bien-être animal, oubliant au passage que ce plan a justement été créé pour remédier au traitement scandaleux que subissent les animaux dans certains abattoirs et pour améliorer les conditions de travail, non moins scandaleuses, des salariés.

En effet, ces salariés sont soumis à des cadences très élevées qui les mettent en danger aussi bien physiquement que psychologiquement. Et dans certains cas, comme cela a été révélé dans des reportages ou par des témoignages du personnel, cela entraîne des actes de cruauté envers les animaux.

Je renouvelle donc ma demande d’une modernisation des abattoirs qui ne bénéficie pas seulement aux structures déjà en place mais aussi aux abattoirs de proximité et aux projets d’abattoirs mobiles.

Les petits abattoirs locaux, municipaux ou privés, sont essentiels pour assurer le maillage du territoire : leur nombre réduit entraîne un allongement des temps de parcours des animaux vers des abattoirs toujours plus lointains, ce qui est facteur de stress et de souffrances inutiles.

Le plan de modernisation des abattoirs ne serait donc mériter son nom que s’il améliore le maillage de notre territoire, en soutenant la création de petits abattoirs de proximité et les projets d’abattoirs mobiles. Puisque l’argent est public, il n’est pas déraisonnable que son utilisation serve l’intérêt public !