Communiqué de presse du Collectif Mer et Francophonie

Bien que la France n’ait pas été à pied d’œuvre comme elle l’avait été au 19ème siècle lors de la construction dans des conditions titanesques du premier canal de Suez sous l’égide de Ferdinand de LESSEPS, inauguré et entré en service en 1869, le Collectif Mer et Francophonie du RBM se doit de saluer avec enthousiasme, l’inauguration hier 6 août 2015, d’un nouveau tronçon de 72 kilomètres dans le Sinaï qui va permettre, avec une véritable circulation à double sens, de passer des rives de la Méditerranée à celles de la Mer Rouge en seulement onze heures.
La France peut se réjouir à au moins deux titres de cette prouesse technologique souvent qualifiée de pharaonique, réalisée dans des délais très contraints d’une seule année de travaux accomplis sous la maîtrise d’œuvre de l’armée égyptienne.
Tout d’abord parce qu’elle replace l’Egypte, qui plus est îlot de stabilité dans une région particulièrement troublée et déchirée, parmi les acteurs de premier plan voire incontournables dans cette partie du monde où la lutte contre les fanatiques de Daesh est en passe de s’y jouer partout. Ceci est d’ailleurs une des conclusions majeures tirées par Marine LE PEN après son voyage officiel en Egypte, il y a quelques semaines.
En deuxième lieu le nouveau canal de Suez va offrir une nouvelle voie au commerce maritime international qui va permettre une bien meilleure fluidité du trafic et donc des gains de temps par rapport aux performances actuelles. Les gains de temps auront pour conséquence un allègement des coûts de transport maritime entre l’Asie et l’Europe, ce qui va bien faire l’affaire du groupe CMA CGM, troisième transporteur maritime mondial de conteneurs qui fait transiter par Suez et Port-Saïd environ 700 bateaux par an.
Notons qu’en ce jour de grande fête et de fierté nationale en Egypte, le gouvernement de ce pays n’hésite pas à envisager d’ici 2023 un doublement du trafic qui générera d’importants nouveaux revenus au titre des droits de passage dont le volume pourrait jusqu’à tripler.
Quant aux experts, ils entendent garder la tête froide car le doublement du trafic par le nouveau canal de Suez escompté par les autorités égyptiennes dépendra moins de l’incantation des pouvoirs publics locaux que de la croissance du commerce mondial et du niveau du prix du pétrole au cours de la prochaine décennie…