Communiqué de Jordan Bardella, député européen, vice-président du Rassemblement national

Une étude de l’INSEE publiée jeudi 12 novembre fait état de la situation catastrophique pour l’industrie automobile française. En deux décennies à peine, le poids de la production française dans la production européenne a ainsi été divisé par deux, passant de 13% à 6,7%. Encore deuxième producteur automobile européen en 2011, la France a dégringolé à la cinquième position.

Cette perte de vitesse ne semble pas alarmer le gouvernement actuel ni ceux qui l’ont précédé. Il faut dire qu’un sursaut en la matière exigerait une remise en question radicale des certitudes économiques et du cadre commercial obsolète imposé par l’Union européenne, celui d’une liberté de circulation absolue des hommes, des biens et des capitaux. L’étude est en effet très claire quant aux causes de ce déclassement, évoquant l’impact de la concurrence étrangère et l’internationalisation de la production des groupes français.

Les délocalisations entreprises par nos groupes nationaux affectent négativement notre balance commerciale à double titre : en favorisant les réimportations ultérieures vers la France, notamment depuis l’Espagne et l’Europe centrale ou orientale, et en répondant aux besoins locaux à l’étranger ce qui limite logiquement nos exportations. Le solde commercial français des produits automobiles était ainsi déficitaire de près de dix milliards d’euros en 2016.

Le triste sort de notre production automobile nationale a toutes les formes d’un sabotage en règle commis par nos dirigeants successifs. Elle n’a de salut possible que dans l’instauration d’un protectionnisme commercial, et donc dans la profonde remise en question des règles de la concurrence communautaire au niveau européen.