Communiqué de Presse de Gilles Lebreton, conseiller Enseignement supérieur de Marine Le Pen

Le projet de loi Fioraso réussira-t-il à mettre les universitaires dans la rue ? On peut se le demander si on en juge par son aptitude à ébranler jour après jour le système universitaire français.

On a déjà expliqué, dans un communiqué publié le 19 juin, que ce projet provoque une véritable régionalisation des universités en laissant chaque région mettre en oeuvre son propre “schéma régional” de l’enseignement supérieur. Un nouveau pas, totalement inattendu, vient d’être franchi dans cette voie dans la nuit du 21 au 22 juin.

Il est l’oeuvre d’un amendement voté par le Sénat sur proposition du groupe Europe Ecologie Les Verts, qui supprime l’exigence de qualification des enseignants-chercheurs par le Conseil National des Universités (CNU). La ministre de l’enseignement supérieur, Madame Fioraso, ne s’y est opposée que très mollement, se bornant à souligner (pour le déplorer) que les esprits n’étaient pas encore mûrs pour accepter cette suppression.

Or le CNU est bien autre chose que l’organisme prétendument inutile, coûteux et chronophage décrit par la sénatrice écologiste Corinne Bouchoux : c’est une instance qui garantit le caractère national du statut des enseignants-chercheurs en empêchant les recrutements d’être exclusivement dictés par le localisme et le clientélisme.

C’est bien là ce qui gêne les partisans de la régionalisation, qui voudraient supprimer l’un des derniers obstacles à la mainmise des régions sur les universités.

Les enseignants-chercheurs ne s’y sont pas trompés. Tous leurs syndicats ont protesté, et la pétition en ligne exigeant le retrait de l’amendement connaît un succès foudroyant.

Le Parlement reculera sans doute devant l’ampleur de ces protestations; mais trop tard pour dissimuler cette évidence désormais criante : le Rassemblement Bleu Marine est le seul mouvement politique d’importance qui veut préserver le caractère national du service public de l’enseignement supérieur.