Communiqué de Sébastien Chenu, député du Nord

Pour quelle raison Jean-Yves Le Drian a pris l’initiative de rédiger une lettre adressée à LVMH dans laquelle il dissuade le groupe français d’acquérir le joaillier américain Tiffany, opération pourtant entérinée en novembre 2019 ? Tout indique que le courrier du ministre des Affaires étrangères a fait les affaires du groupe de luxe français qui cherchait depuis des semaines un prétexte pour annuler cette opération. Selon l’agence Bloomberg, avant l’initiative de Jean-Yves Le Drian, Bernard Arnault aurait sollicité le ministre des Finances Bruno Le Maire afin qu’il intervienne directement dans le dossier, ce qu’aurait refusé ce dernier.

Il semble très improbable que Bernard Arnault, proche d’Emmanuel Macron ait pu intervenir auprès de deux ministres sans que le président de la République ne soit informé ou même partie prenante de la manœuvre. Cette affaire interroge sur les passe-droits dont bénéficient quelques privilégiés jusqu’aux sommets de l’Etat alors qu’aucune règle légale n’autorise des ministres à casser un accord de droit privé entre deux entreprises. Aucun motif d’intérêt supérieur de la Nation n’est en jeu dans cet accord de rachat. En cette période de crise sanitaire et économique sans précédent, la diplomatie française et les ministres ont d’autres dossiers plus importants à gérer plutôt qu’intervenir dans une affaire privée sur laquelle plane un soupçon de copinage.

Ainsi, je demande qu’une commission d’enquête parlementaire soit mise en place afin d’examiner cette affaire dans la plus grande transparence.