Communiqué de Marine Le Pen

J’ai pris note des propos tenus ce matin par le président de la République depuis le mémorial du génocide de Gisozi, à Kigali.
Comme il l’a souligné, face à un tel crime contre l’humanité, la voix des survivants porte en elle celle de ceux qui ont disparu, elle leur donne un nom, un visage. En ce sens, elle est une barrière contre l’oubli, contre le temps.

Au Rwanda, la France a tenté, trop tardivement sans doute, d’aider les survivants, de protéger les victimes, d’écarter les tueurs. On lui a reproché, on lui reproche encore, notamment ceux qui n’ont rien fait à l’époque.

Ils disent que la France porterait une responsabilité dans ces massacres. Le rapport Duclert récemment publié écarte cette responsabilité. Si le président Mitterrand et ses conseillers ont pu faire preuve d’aveuglement jusqu’au dernier moment, en aucune manière, notre pays ne peut être accusé de complicité dans ce génocide.

Au contraire, la France, fidèle à ses traditions, a su accueillir des survivants des massacres, même si des bourreaux ont pu aussi s’y cacher.

Aveuglement des autorités politiques de l’époque, certainement, responsabilité dans les massacres, non.

Penser le contraire, ou dire le contraire comme le fait le président de la République, c’est faire injure à tous les Français, militaires, civils, membres des ONG, qui ont dès le début et durant le génocide, tout tenter pour sauver et protéger les victimes.

Demander pardon comme le déclare Emmanuel Macron ?
Ceux qui pourraient le faire ne sont plus là ou se taisent. Mais ce n’est pas aux Français de 2021 ou aux responsables politiques d’aujourd’hui de le faire. Penser le contraire, c’est rejoindre le camp des totalitarismes, celui où les enfants, petits-enfants, familles des présumés coupables sont jugés et condamnés pour des fautes qu’ils n’ont pas commises.

La France est respectée quand elle se grandit, pas quand elle s’abaisse, quand elle propose, incite, guide, offre un chemin et des perspectives, un avenir. Pas quand elle se flagelle pour des fautes qui ne sont pas les siennes.
C’est par son exemple, son dynamisme, sa foi en elle et dans les Français que la France peut offrir des solutions dans un monde toujours plus incertain et difficile. C’est là qu’elle est écoutée, c’est là qu’elle est attendue. Non par une repentance perpétuelle qui ne satisfait personne, pas même ceux qui l’exigent comme un moyen de la rabaisser.