Communiqué de presse de Marine Le Pen

Pour soutenir les entreprises à l’issue de la période de confinement, le gouvernement a lancé un prêt garanti par l’État (PGE) dont Bpifrance, via sa banque en ligne, gère le système d’attestation. C’est avec stupeur que nous apprenons la mainmise américaine sur ce projet puisque Bpifrance a fait appel au géant américain Amazon Web Services (AWS) pour conduire ces opérations techniques. Surprenante coïncidence, l’ex-directeur des relations institutionnelles et des médias de Bpifrance, Antoine Boulay assure depuis peu le lobbying en France d’AWS, probablement pour la plus grande satisfaction du géant américain.

Le choix opéré par la banque publique d’investissement française revient à donner aux États-Unis un état des lieux très précis de nos entreprises ayant souscrit au PGE, et leur permet d’absorber le peu de souveraineté qu’il nous reste en matière de numérique. Il se situe malheureusement dans la lignée du « Health Data Hub », première plateforme d’exploitation de données de santé publique à l’aide de l’Intelligence Artificielle, pour laquelle l’État a choisi Microsoft. Rappelons que depuis 2018, le gouvernement américain, par le biais du « Cloud Act », peut contraindre tout fournisseur de service américain – dont fait partie AWS – à transférer aux autorités américaines les données qu’il héberge, qu’elles soient stockées aux États-Unis ou à l’étranger.

Le gouvernement démontre une nouvelle fois son incapacité à convertir les paroles musclées en actes. Combien de fois n’avons-nous pas entendu Emmanuel Macron, Bruno Le Maire, Thierry Breton ou encore Cédric O soutenir l’idée d’une nécessaire souveraineté numérique en France ? L’attitude du gouvernement dans cette affaire est inacceptable puisqu’il répète à l’infini des échecs qu’il fait mine de surmonter à grands coups de communication et de postures. L’absence de volontarisme du gouvernement dans ce dossier est scandaleuse et il ne peut être dissimulé par les postures et les grandes déclarations. Nous étions en droit d’attendre que notre exécutif mette en œuvre les propos de Guillaume Poupar, Directeur général de l’ANSSI, prononcés devant la commission d’enquête du Sénat consacrée à la souveraineté numérique en octobre 2019 :
« Ceux qui dirigeront le monde demain sont ceux qui seront capables de posséder les données et de savoir comment les traiter. Renoncer au traitement des données nous condamne à être des vassaux ».

Notre pays dispose incontestablement des capacités humaines et techniques pour relever ces défis. Il appartient désormais au politique d’accompagner l’ensemble des acteurs du numérique et de passer à l’action en sortant de la paralysie notamment face aux États-Unis ou à la Chine. La question essentielle est bien de savoir si la France entend renouer avec sa pleine souveraineté dans un monde où le concept de puissance continue plus que jamais à régir les relations internationales.