Communiqué de Gilles Lebreton, professeur de droit et chef de la délégation RN au Parlement européen

Le traité d’Aix-la-Chapelle, qu’Emmanuel Macron a signé sous les huées avec Angela Merkel le 22 janvier, consacre bel et bien une nouvelle étape dans l’effacement de la France devant l’Allemagne.

La preuve la plus frappante en est apportée par ses dispositions concernant l’ONU. Son article 8 ne prône pas une simple coopération entre les deux États, qui existe déjà dans les instances de l’ONU. Il va beaucoup plus loin en leur prescrivant de tout mettre en œuvre « pour aboutir à une position unifiée de l’Union européenne au sein des organes appropriés des Nations-Unies. » Le rêve du président Macron d’instaurer une « souveraineté européenne », longuement exposé dans son discours de la Sorbonne du 26 septembre 2017 et réitéré par la suite, dicte manifestement cette concession. Mais cette dernière ne profitera concrètement qu’à l’Allemagne, seule signataire du traité d’Aix-la-Chapelle avec la France.

De façon encore plus claire, son article 5 stipule que les deux États « établiront des échanges au sein de leurs représentations permanentes auprès des Nations-Unies à New-York, en particulier entre leurs équipes du Conseil de sécurité. » Si les mots ont un sens, ces « échanges » signifient qu’en pratique la France s’engage à partager avec l’Allemagne l’influence dont elle dispose grâce à son siège permanent au sein du Conseil de sécurité. On sait que l’Allemagne rêve d’y posséder un jour son propre siège permanent, objectif rappelé à la fin de l’article 8. Mais c’est un objectif à moyen voire long terme, car il n’est pas facile de réviser la Charte de l’ONU. En attendant, l’article 5 lui offre par conséquent une solution d’attente au détriment de la France, avec l’accord du président Macron.

Force est en définitive d’en conclure que Marine Le Pen a eu parfaitement raison de dénoncer ce « partage », qui réalise un nouvel effacement de la France au profit de l’Allemagne.