La dissuasion engage la Nation. Elle ne se délègue pas.

Rassemblement National

Communiqué

02 mars 2026

La dissuasion n’est pas un outil stratégique parmi d’autres. Héritage direct du Général de Gaulle, elle est la clé de voûte de notre stratégie de défense depuis plus de soixante ans. Face au durcissement constant des relations internationales, les Français sont plus que jamais conscients du caractère essentiel de notre dissuasion et de la nécessité de protéger son caractère pleinement souverain, et encore plus face au désengagement américain du continent européen.

Nous prenons acte du discours du président de la République consacré à la dissuasion nucléaire française et à la réaffirmation du caractère souverain de la décision d’emploi. Toutefois, les annonces faites ce jour concernant une « dissuasion avancée » à l’échelle européenne posent plusieurs questions, cette notion nouvelle signifiant concrètement une dispersion de nos moyens nucléaires sur le territoire européen.

D’une part, il est difficile de percevoir l’intérêt autre que symbolique associé à la dispersion géographique de ces moyens, d’autant plus qu’il semblerait qu’aucune contrepartie n’y soit associée – notamment s’agissant de l’achat de matériels français par les États européens. Il s’agit donc, au mieux, d’une opération de communication politique réalisée sans tenir compte des intérêts nationaux.

D’autre part, il est difficile de percevoir l’objet d’une « dissuasion avancée » compte tenu de l’existence de nos sous-marins nucléaires lanceurs d’engins, précisément conçus pour garantir l’effectivité, par la furtivité, du feu nucléaire.

En toute hypothèse, le Rassemblement National entend rappeler ici devant les Français trois vérités fondamentales :

1. La décision nucléaire ne se partage pas. Elle ne peut faire l’objet ni d’une codécision, ni d’un cofinancement conditionnant son emploi, ni d’un mécanisme institutionnel qui en affaiblirait la pleine maîtrise nationale.

2. La dissuasion française n’a pas vocation à devenir un instrument d’intégration européenne, même si la coordination stratégique entre États est légitime, notamment sous la forme d’exercices militaires conjoints et de partenariats industriels mutuellement bénéfiques.

3. La crédibilité stratégique repose d’abord sur la cohérence de notre modèle d’armée. La dissuasion ne vit pas en vase clos. Elle doit être sous-tendue par des forces conventionnelles robustes, une défense aérienne crédible, une capacité de frappe dans la profondeur et une base industrielle libérée du carcan normatif français et européen.

Dans le contexte actuel, la France doit assumer son rang de puissance stratégique en Europe, dialoguer avec ses partenaires et contribuer à la sécurité du continent. Elle ne pourra faire cela qu’en gardant la maîtrise exclusive de sa décision ultime, et en engageant enfin un effort massif de remontée capacitaire et budgétaire de ses forces conventionnelles.

D’ici à la prochaine élection présidentielle, le Rassemblement National défendra avec la plus grande force la souveraineté et l’effectivité de notre force nucléaire.

Marine Le Pen et Jordan Bardella

Rassemblement National

Communiqué

02 mars 2026

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