Communiqué de Jean-Paul Garraud,

Président de l’association professionnelle des magistrats

Député européen Rassemblement National

Porte-parole de Marine Le Pen en charge des questions de justice

 

Le suicide d’une jeune magistrate, dont ses collègues évoquent la souffrance au travail, est le déclencheur d’une réaction de grande ampleur au sein du corps judiciaire traduite par la signature en masse, inusitée, d’une pétition dénonçant, notamment, des conditions de travail dégradées, le manque chronique de moyens et la pression de gestionnaires obsédés d’affichage statistiques.

C’est l’expression d’un malaise profond, sur la toile de fond d’un déficit de reconnaissance de la part des pouvoirs publics.

On ne dira jamais assez combien la nomination comme garde des Sceaux d’un avocat qui n’avait cessé de clamer son hostilité envers la magistrature et dont l’une des premières décisions a été de commencer à régler des comptes personnels avec certains de ses membres, ce qui lui vaut aujourd’hui d’être mis en examen par la Cour de Justice de la République, a été vécue comme une provocation ; c’était saper, à la racine, son crédit et, par contrecoup, celui du Président, qui a eu l’inconscience ou la perversité de le nommer, alors qu’il est le garant constitutionnel de l’indépendance de l’autorité judiciaire.

Face à cette crise, ce ne sont pas les dérisoires vantardises budgétaires de M. Dupond-Moretti, avec une progression de crédits qui bénéficie, en réalité, surtout à l’administration pénitentiaire, et, encore moins, l’opération de communication purement politique et médiatique de M. Macron, dite pompeusement « États généraux de la justice » ,dans le style du « grand débat » lancé pour éteindre sous un flot de parlotes l’incendie allumé naguère par les Gilets jaunes, qui peuvent être à la hauteur des attentes.

La société demande énormément à la Justice, qui doit traiter, dans bien des cas, au civil comme au pénal, en dernière instance, les conséquences des échecs, individuels et collectifs, de toutes les autres institutions : on exige d’elle qu’elle résolve les problèmes que les autres ont été incapables de maîtriser et on la bombarde, à travers les responsables des affaires publiques, parlementaires et gouvernementaux, d’injonctions contradictoires, avec, au surplus, trop souvent, des lois bâclées et incohérentes, sans pour autant lui accorder les outils de travail appropriés, en la laissant, de plus, exposée au dénigrement permanent… : d’où, le découragement de ceux qui ont à cœur de remplir au mieux leur office.

Il faut savoir entendre cet appel et ce cri : si le rempart du Droit cède, c’est notre société démocratique qui sera en perdition.

Je connais parfaitement cette institution et, si je suis en situation, je saurai répondre à ses innombrables attentes ainsi qu’à celles de nos concitoyens, trop souvent victimes d’une insécurité permanente en raison d’une politique pénale totalement décalée des réalités.