Communiqué d’Hélène Laporte, député français au Parlement européen

La semaine dernière, le président Turc Recep Tayyip Erdogan a menacé une nouvelle fois l’Union européenne d’«ouvrir les portes» de l’immigration vers l’Europe. Il s’agit ici d’une nouvelle provocation et d’un chantage sans fondement du chef de l’Etat turc.

Depuis le 18 mars 2016, un pacte migratoire est établi entre les vingt-huit pays de l’Union européenne et la Turquie qui permet de lui renvoyer les migrants qui ont débarqué en Grèce. En échange, l’Union Européenne s’est engagée à verser une aide financière de six milliards d’euros et à accueillir jusqu’à 72 000 réfugiés syriens. La Commission européenne doit également, en contrepartie, étudier une libéralisation des visas européens aux citoyens turcs.

Lors de la Commission Budget du 3 septembre dernier, j’ai appelé à rompre l’accord avec la Turquie et à redéployer les moyens financiers alloués à ce pacte directement à la protection des frontières extérieures. Nous disposons en effet d’agences opérationnelles comme Frontex, dont le budget, même s’il est en augmentation, n’est pas suffisant afin de gérer nos frontières extérieures. 420 millions d’euros pour le budget 2020, alors même que nous avons déjà versé 5,6 milliards d’euros à la Turquie sur trois ans.

Au Rassemblement National, nous sommes favorables au retour des frontières nationales. Si des coopérations peuvent être établies afin de défendre de manière concertée les frontières extérieures de l’Europe, il est essentiel de rappeler que les frontières nationales sont les plus efficaces. En outre, nous devons désormais appliquer une politique dissuasive en matière d’immigration : renvoi systématique de tous les déboutés du droit d’asile et des migrants clandestins, suppression de toutes les aides accordées aux migrants illégaux, priorité nationale.
Face à la déferlante migratoire, il est plus que temps d’agir avec pragmatisme et responsabilité et cesser de soumettre la gestion de nos frontières à des pays étrangers.