Communiqué de Marine Le Pen, présidente du Rassemblement National, député du Pas-de-Calais

Le Premier ministre Edouard Philippe et la Ministre de la Santé Agnès Buzyn ont annoncé ce matin une nouvelle série de mesures, un énième « plan », pour répondre à la grave crise que traverse l’hôpital public.

Si la reprise partielle de la dette pour en alléger la charge, la hausse minime de l’Ondam, les hausses de rémunérations et les aides au logement en Ile-de-France sont des mesures qui permettront de soulager partiellement les tensions, elles ne sont pas à la hauteur de la crise structurelle de l’hôpital public français, qui perdure et s’aggrave depuis maintenant plusieurs années. Les « décisions fortes » annoncées solennellement par Emmanuel Macron jeudi dernier à Epernay ont malheureusement vécu.

Il est donc à craindre que le compréhensible et profond malaise des personnels hospitaliers ne prendra pas fin suite à ces annonces, et que cette crise se poursuive et prenne de l’ampleur… Après le plan « Ma santé 2022 », le « plan d’urgence », le « pacte de refondation », et ce « plan ultime » annoncé aujourd’hui, un nouveau « plan » devra-t-il être annoncé dans quelques mois ? Un comique de répétition qui pourrait prêter à sourire si la santé n’était pas au cœur de notre modèle social et des préoccupations des Français.

Pour répondre à la crise sur la durée et relever l’hôpital public de sa tiers-mondisation progressive, nous attendions des objectifs clairs et ambitieux sur le nombre de réouvertures de lits, en chute libre depuis des années (75 000 de moins en 15 ans, malgré la hausse considérable de la fréquentation), et sur le déficit d’attractivité du public par rapport au privé, que les timides hausses de rémunérations proposées aujourd’hui ne permettront pas de combler.

Si la question de la sécurité dans les services hospitaliers a disparu de l’attention médiatique, elle était pourtant présente dès le début du mouvement et continue de se poser pour les personnels, les chiffres de l’Observatoire national des violences en milieu de santé (ONVS) le montrent. Le gouvernement n’en dit pas un mot…

Notre pays ne pourra non plus faire l’économie d’une réflexion globale sur son système de santé en crise, incluant la médecine de ville, les services de soins de proximité, et la désertification médicale.

Lorsque la santé voire la vie de nos compatriotes est en jeu, il n’y a plus de logique comptable et de « rationalisation » qui tiennent : d’importants gisements d’économies existent, notamment en luttant contre la fraude, pour pouvoir y consacrer les moyens nécessaires !