Communiqué de presse de Bruno Bilde, Député du Pas-de-Calais

La grève des urgences qui touche aujourd’hui 95 services partout en France, est la nouvelle illustration du ras-le-bol généralisé de l’ensemble des professionnels de santé, médecins, urgentistes, infirmiers et aides-soignants. Depuis des années, les personnels tirent la sonnette d’alarme sur leurs conditions de travail devenues déplorables et critiques ainsi que sur la dégradation dramatique de l’accueil des patients. Depuis des années, les différents gouvernements qu’ils soient de gauche, de droite ou En Marche, refusent d’entendre les souffrances des femmes et des hommes qui tiennent chaque jour l’hôpital public à bout de bras, refusent de soigner un système agonisant, gangrené par la funeste idéologie de la rentabilité qui relègue la santé de nos compatriotes au rang d’une simple marchandise.

Alors que le projet de loi « ma santé 2022 » passe totalement à côté des enjeux et ne répond pas aux attentes des professionnels, Agnès Buzyn se contente de pleurer sur le lait renversé par ses prédécesseurs : « Nous n’avons pas assez de médecins dans notre pays. Je ne vais pas inventer des médecins. »

A défaut de fabriquer des blouses blanches, la ministre pourrait commencer par étudier les vrais chiffres de son administration. Contrairement à ses déclarations, le nombre de médecins augmente dans notre pays. En 2018, la France comptait 226 000 médecins en activité, soit 1 500 de plus qu’en 2017 et 10 000 de plus qu’en 2012. Ces 6 dernières années, les effectifs de médecins ont ainsi progressé de 4,5 % selon les données de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques du ministère de la Santé. Ainsi, le problème récurrent n’est pas le nombre, mais la répartition des médecins sur l’ensemble du territoire national. Aujourd’hui, près de 8 millions de Français vivent dans un désert médical particulièrement dans la ruralité et les périphéries. Ce sont les habitants de ces territoires oubliés qui, faute d’une offre de soin de proximité, se tournent vers les urgences en désespoir de cause. Ce sont ces urgences qui sont aujourd’hui à l’os, confrontées à un manque de personnel lié à la perte d’attractivité du secteur.

La désertification médicale a contribué à faire exploser les passages aux urgences dont la fréquentation annuelle est passée de 10 millions en 1996 à 21 millions en 2016. Les seules réponses des pouvoirs publics furent la diminution du nombre de services d’urgences et la suppression de lits dans le cadre de plans de retour à l’équilibre budgétaire. Dans la continuité, les fausses bonnes idées de ce gouvernement se résument à la multiplication des maisons de santé (des mirages dans les déserts), la création de faux hôpitaux de proximité qui renforceront le métropolisation de la santé et la suppression du numerus clausus qui n’aura aucune incidence pour assurer un égal accès aux soins partout en France.

Le Rassemblement National apporte son soutien plein et entier à tous les professionnels de santé en grève qui veulent exercer leur métier dignement, loin des froides et absurdes logiques comptables imposées par un ministère à réinventer du sol au plafond.