Communiqué de presse de Sébastien Chenu, Député du Nord

Face à l’évidence des preuves, l’AP-HP est enfin sortie du déni et admet que des patients gilets jaunes ont fait l’objet d’un fichage par les hôpitaux parisiens. Un fichier créé en 2015 pour faciliter l’identification des victimes d’attentats a été détourné de sa fonction initiale et utilisé pour recenser les gilets jaunes admis dans les hôpitaux.

Les patients blessés lors des manifestations des gilets jaunes ont fait l’objet d’une inscription sur un fichier nominatif indiquant leur nom, adresse, numéro de téléphone et même la nature de leurs blessures. Ces données médicales ont pu être consultées par les services des ministères de l’Intérieur, de la Justice et des Affaires étrangères comme le permet le décret « relatif au système d’infirmation d’identification des victimes » du 9 mars 2018. Il s’agit d’un scandaleux fichage politique et d’une atteinte grave au secret médical. Aucun patient n’a été averti qu’il faisait l’objet d’un tel fichage.

Il est inacceptable que des services administratifs demandent à des médecins hospitaliers de participer à une forme de délation en violation complète du secret médical et sans qu’aucun des 17 chefs de services d’urgence de la région parisienne n’ait osé dénoncer l’opération. Nous assistons à une dérive dangereuse dans laquelle les hôpitaux deviennent des centres de tri de et de renseignement de la police.

Qui a été à l’origine de la mise en œuvre de ce fichier ? S’agit-il du ministère de l’Intérieur ? Que sont devenues les données collectées dans ce fichier et qui y a eu accès ?