Communiqué de Marine Le Pen, Présidente du Rassemblement national

Le constructeur automobile français Renault envisagerait de fermer plusieurs sites en France, dont Flins qui assemble la citadine électrique Zoe et la Nissan Micra, dans le cadre d’un vaste plan d’économie de plus de 2 milliards d’euros qui doit être annoncé la semaine prochaine, selon Le Canard Enchainé. Une information confirmée par l’AFP. Au total, ce sont quatre usines totalisant plus de 3600 emplois qui seraient fermées en France dont Choisy-le-Roi, Dieppe et les fonderies de Bretagne.

Cette annonce ne peut manquer de scandaliser et ce à plusieurs titres.

Tout d’abord, l’État français, premier actionnaire de Renault avec 15% du capital, prévoit de garantir un prêt bancaire d’environ 5 milliards d’euros pour le constructeur, dans le cadre du plan d’action contre les conséquences économiques du COVID-19. De manière sidérante, cette aide considérable ne comporte aucune obligation sur le maintien de l’emploi en France. Il s’agit en réalité d’une aide sans contrepartie à travers laquelle les Français financent par leurs impôts la poursuite de leur propre désindustrialisation.

Par ailleurs, une telle décision ne peut manquer de surprendre dans un contexte où le gouvernement ne cesse de multiplier les déclarations tonitruantes relatives à la nécessité impérieuse de relocaliser des filières industrielles entières en France. On découvre ainsi que derrière les résolutions grandiloquentes et les déclamations prétendument volontaristes, le gouvernement reste en réalité engoncé dans le même logiciel idéologique néolibéral et désindustrialisant qui nous a conduits là où nous sommes aujourd’hui. Comment en effet donner crédit au ministre de l’Economie qui nous promet de rapatrier en France des industries entièrement privées alors qu’il s’avère incapable de maintenir en France une industrie dont l’Etat est propriétaire à 15% ?

Cette stratégie gouvernementale ne se limite d’ailleurs pas à Renault, tant s’en faut. Air France vient il y a quelques semaines de bénéficier d’une aide exceptionnelle de 7 milliards d’euros, tout en annonçant un plan de licenciements massif dans la foulée.

De manière générale, il n’est pas question de nier les difficultés auxquelles se trouve confrontés un certain nombre de secteurs industriels dans le sillage de la pandémie du coronavirus. En revanche, le choix de faire porter sur le seul tissu industriel français les conséquences de ces difficultés est plus que critiquable. Il convient de rappeler que le constructeur Renault a des usines un peu partout dans le monde. Le Rassemblement national enjoint solennellement le gouvernement à prendre ses responsabilités au conseil d’administration de Renault afin de protéger prioritairement la production et l’emploi en France et de faire porter les ajustements dictés par le contexte pandémique d’abord aux unités de production situées hors de France.